Planète Finance

L’économie carbure aux on-dit et aux «fake news», pas aux chiffres

Dans son dernier livre, le Prix Nobel d’économie Robert Shiller recommande d’étudier les histoires – pas toujours vraies – auxquelles adhèrent les acteurs économiques

Si vous pensez que la science économique repose sur l’analyse de chiffres, de statistiques, la mise au point de théories pointues, détrompez-vous. Au-delà des chiffres, les on-dit, la philosophie bricolée et les fake news sont ce qui motive véritablement les décisions des agents économiques. Et la recherche devrait prendre en compte ces données d’un nouveau genre, défend très sérieusement Robert Shiller dans son dernier livre, Narrative Economics: How Stories Go Viral and Drive Major Economic Events.

Robert Shiller n’a rien d’un économiste de comptoir. Prix Nobel d’économie 2013 pour avoir démontré que les marchés se trompent en permanence, l’Américain enseigne à l’Université de Yale. Le point de départ de sa réflexion est l’incapacité chronique des économistes à effectuer des prévisions qui tiennent la route. Sur les 469 récessions observées dans le monde ces trente dernières années, les pontes du Fonds monétaire international en ont prévu… quatre, selon Bloomberg.