Septembre. Trois syllabes qui suffisent à faire trembler le microcosme horloger. Le vent de panique semé en mars par le Covid-19 a forcé l’industrie, privée de marchés, à fermer ses portes. La tempête qui en résultera devrait frapper la branche de plein fouet dès la fin de l’été, emportant dans sa course des milliers d’emplois et des entreprises affaiblies par des mois de disette.

Mais avant cela, place aux vacances horlogères. Tel l’œil d’un cyclone, les semaines à venir seront synonymes de calme pour de nombreuses marques et sous-traitants, qui enjoignent à leurs employés de liquider leur solde de vacances et d’heures supplémentaires, notamment pour éviter des reports de congés sur une période qui s’annonce déjà financièrement difficile.

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Face à des signes de reprise plus faibles qu’espéré, les craintes de licenciements collectifs s’intensifient chez les partenaires sociaux. Le recours au chômage partiel a certes permis de limiter la casse, mais pour combien de temps? Pour beaucoup, il ne s’agit que d’un sparadrap sur une plaie béante.

Hausse du chômage généralisée

Ces constats, valables pour l’horlogerie, sont le reflet d’une situation globale. Selon le KOF, au plus fort de la crise de 2008-2009, 92 000 personnes étaient en RHT, principalement dans l’industrie. Ce nombre est aujourd’hui 15 fois supérieur et concerne aussi bien le secteur secondaire que tertiaire.

Dans ses dernières prévisions conjoncturelles, le Secrétariat d’Etat à l’économie table sur un recul du PIB suisse de 6,2% cette année, pour un taux de chômage de 3,8% en moyenne annuelle, contre 2,3% en 2019. L’OCDE indique dans son rapport sur l’emploi publié ce mardi que le PIB de ses Etats membres devrait reculer de 6%, tandis que le chômage atteindra 9,4%. L’organisation évoque la plus grave crise depuis la Grande Dépression des années 1930.

Alors que le spectre d’une deuxième vague de Covid-19 plane toujours sur la Suisse et ses partenaires commerciaux, les acteurs économiques et politiques se voient confrontés à un exercice d’équilibrisme permanent. Entre impératifs de relance et bonne gestion de la crise sanitaire, le maintien d’un dialogue ouvert s’annonce primordial pour préserver au mieux les intérêts de chacun. A défaut d’efforts coordonnés à large échelle, tenir sur la corde raide en pleine tempête relèvera de l’exploit.