La marche des affaires dans le canton a été positive cette année, selon l’enquête annuelle de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG) publiée vendredi. Les entreprises interrogées sont plus prudentes pour 2015. Les effectifs sont stables.

La moitié des entreprises répondantes (représentant 44 000 emplois sur les 122 000 emplois des membres de la CCIG) jugent la marche des affaires satisfaisante cette année et 31% la jugent bonne à excellente. Dans l’industrie, la situation est nettement meilleure que l’an dernier (seuls 19% des répondants ont annoncé une marche des affaires mauvaise ou médiocre contre 29% l’an dernier).

Plus une entreprise exporte, plus elle est satisfaite: 89% jugent l’année satisfaisante à excellente pour celles qui exportent de 80 à 100% de leur production, contre 80% pour les non-exportatrices.

Pour les six prochains mois, les perspectives ne sont que marginalement moins optimistes que l’an dernier (79% des entreprises imaginent des affaires satisfaisantes à excellentes contre 81% l’an dernier). Mais pour les six mois suivants de 2015, elles tombent à 69%, alors qu’elles étaient de 73% en 2013.

Conséquences du vote du 9 février

«Nous ne sommes pas étonnés de la prudence exprimée par les entreprises pour l’année à venir», a commenté Jacques Jeannerat, directeur de la CCIG. «Outre la conjoncture internationale, certaines décisions politiques prises en Suisse pénalisent l’économie», a-t-il souligné.

Les entreprises du canton de Genève sont inquiètes des conséquences du vote du 9 février sur l’immigration de masse. Et les débats actuels sur la fiscalité ouvrent une ère d’incertitude, selon l’enquête de la CCIG.

Suite à la votation du 9 février, 38% des entreprises répondantes craignent d’avoir plus de peine à l’avenir à recruter de la main-d’½uvre en provenance de l’Union européenne. La raison principale évoquée est le manque de garantie dans l’obtention d’un permis de travail pour ces collaborateurs (55%), tandis que la longueur et la complexité des démarches d’autorisation sont citées par 34% des répondants.

Si l’engagement de main-d’½uvre étrangère est restreint, 47% des entreprises du canton pensent augmenter la formation du personnel indigène, 34% craignent de devoir renoncer à des projets de développement et 20% envisagent de sous-traiter à l’étranger. La délocalisation à l’étranger est citée par 11% des répondants.

Erosion des hausses de salaires

L’évolution de la masse salariale fléchit et les effectifs sont d’une remarquable stabilité d’une année sur l’autre, a indiqué également la CCIG.

En moyenne pondérée selon la taille des entreprises, la hausse des salaires en 2014 a été de 1,3% (industrie 1,2%, services 1,3%). En 2014, 38% des entreprises n’ont accordé aucune augmentation alors que cette proportion n’était que de 3% l’an passé.

Sur les trois dernières années, les hausses réelles se sont lentement érodées : 1,7% en 2012, 1,5% en 2013 pour arriver à 1,3% cette année. Pour 2015, la prévision est de 0,8% (industrie 1,2%, services 0,7%).

L’évolution prévue des effectifs est remarquablement stable: les entreprises font les mêmes projections en 2014 pour 2015 qu’en 2013 pour 2014, c’est-à-dire une stabilité pour trois quarts d’entre elles. Dans les sociétés de plus de 100 collaborateurs, 39% des répondants imaginent une augmentation des effectifs et 20% d’entre eux prévoient une baisse.