Credit Suisse prévoit cette année une croissance de l’économie helvétique nettement plus vive que prévu. Le produit intérieur brut (PIB) devrait progresser de 1,9%, contre une attente initiale des experts de la grande banque de 1,2% émise en juillet dernier.

La révision s’explique notamment par l’économie mondiale, dont la dynamique reste soutenue, a indiqué lundi Credit Suisse. Le phénomène compense l’effet de prix pénalisant constitué par le franc fort pour les exportations. Celles-ci devraient toujours afficher un taux de croissance de 3,5%.

Autre facteur favorable: les conditions de financement des investissements, au vu du bas niveau des taux, à même de contribuer à relancer la machine économique helvétique. La demande se redresse par ailleurs bien plus vite qu’escompté, impliquant un taux d’utilisation des capacités de production supérieur à la moyenne.

Du coup, les entreprises devraient accroître leurs investissements non pas de 2,5% par rapport à 2010, mais de 3,5%. Le constat vaut particulièrement pour le secteur de la construction, le bâtiment profitant de la faiblesse des taux d’intérêt pour, selon toute vraisemblance, égaler le volume record de l’an passé.

En ce qui concerne la consommation des ménages, la tendance apparaît également plus soutenue qu’attendu. Les dépenses devraient ici croître de 1,7% cette année, contre 1,2% pronostiqué en juillet 2010. Reprise conjoncturelle et dynamique migratoire conjugueront leurs apports.

Sur le front de l’emploi, le chômage poursuivra sa décrue, estime Credit Suisse. Vigueur du franc oblige, les importations devraient augmenter de 4%, et non plus de 3,5%, les biens devenant plus avantageux du fait de l’effet de change favorable. Le taux d’inflation est lui attendu à 1,1% (0,7%).

Les économistes de Credit Suisse avaient compté l’été passé avec des risques qui, finalement, ont perdu de leur pertinence au fil des mois: croissance molle outre-Atlantique, lourde chute de l’euro doublée d’inflation et krach immobilier en Chine.

De plus, il apparaît que les remous sur les marchés financiers présentent de moins en moins d’impact sur l’économie réelle, commente la grande banque. Ce qui constitue à coup sûr un changement de paradigme.

Reste que tout danger n’a pas disparu. A commencer par un risque de mauvaise allocation eu égard aux derniers paquets budgétaires et conjoncturels arrêtés en Europe et aux Etats-Unis. Sans compter celui constitué par l’ampleur des flux de liquidités, causée par des politiques monétaires accommodantes.

Credit Suisse n’est pas seul à réviser ses prévisions de croissance économique pour la Suisse cette année. En l’état, l’UBS table sur un taux de 2,3%, alors que le KOF zurichois attend 1,9% et l’institut Bakbasel 1,7%. La Banque nationale suisse (BNS) anticipe de son côté un prudent 1,5%, après les 2,5% de 2010.