Environ 2000 délégués – ministres des Finances de 188 pays, hauts fonctionnaires et autres experts financiers et économiques – ont commencé à arriver à Tokyo pour se porter au chevet de l’économie mondiale. Ils assisteront à l’assemblée générale annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), qui y a lieu en fin de semaine. La Suisse sera représentée par Eveline Widmer-Schlumpf, cheffe du Département des finances, Johann Schneider-Amman, conseiller fédéral responsable de l’Economie, ainsi que par Thomas Jordan, président de la Banque nationale suisse.

Selon les fuites du World Economic Outlook, étude phare du FMI, au Financial Times et au Wall Street Journal de lundi, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial s’élèvera pour 2012 à 3,3%, soit 0,1 point de moins que la précédente prévision faite en juillet. Pour 2013, ce sera un léger mieux à 3,6%, contre 3,9% attendu jusque-là. Dans l’expectative de la publication de l’étude, les bourses européennes ont terminé hier dans le rouge, mais elles restent positives depuis le début de l’année.

Des chiffres qui inquiètent et qui montrent que les grandes économies – Etats-Unis, Union européenne et Japon – peinent toujours à sortir du tunnel. L’économie américaine semble, toutefois, remonter quelque peu la pente. Le taux du chômage est en baisse, à 7,8%, le plus bas niveau depuis l’arrivée du président Obama au pouvoir en 2008. Une reprise de l’activité manufacturière se dessine, grâce au retour au pays de nombreuses activités délocalisées. Un regain de la compétitivité est palpable, favorisé par des prix énergétiques moins chers à cause de l’exploitation du gaz de schiste. Le pays reste toutefois suspendu aux incertitudes liées aux présidentielles du 6 novembre, ainsi qu’à la menace de la «falaise budgétaire», soit le non-renouvellement à la fin de 2012 d’une série de mesures budgétaires fiscales.

En zone euro, c’est la déprime: ralentissement dans les pays du Nord et récession dans les pays du Sud. Malgré les interventions de la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) en Grèce, au Portugal et en Irlande, ainsi qu’une politique monétaire favorable de la part de la BCE – taux d’intérêt faible et robinet du crédit ouvert –, le redressement n’est toujours pas au rendez-vous. Le FMI s’attend même à un recul du PIB à 0,4% pour 2012 et à une reprise proche de zéro en 2013.

Plusieurs experts estiment que le débat sera vif à Tokyo sur l’efficacité des réformes structurelles adoptées par de nombreux pays depuis plusieurs années, mais qui continuent à s’enfoncer dans la récession. La bonne nouvelle, selon le FMI, est que la plupart des pays en crise ont progressé dans la réduction des déficits en sabrant les dépenses publiques. Pour près de la moitié des pays, les déficits devraient retrouver leur niveau d’avant-crise.

Au Japon, grâce à des multiples plans de relance, le taux de croissance pour 2012 sera autour de 2%. Mais il pourrait empirer l’an prochain, parce que le pays fait face à de nombreuses tensions, liées notamment à un conflit territorial avec la Chine. Si ce dernier devait dégénérer, l’économie japonaise serait frappée de plein fouet.

Considérée comme le moteur de l’économie mondiale, la Chine commence aussi à tousser. Dans un rapport sur l’Asie de l’Est et le Pacifique publié lundi, la Banque mondiale estime que son taux de croissance va s’effondrer à 7,7% en 2012, contre 9,3% l’an dernier. Et pour cause: les exportations sont en baisse, plus particulièrement vers les pays de l’OCDE. La Banque mondiale s’attend toutefois à une reprise à 8,1% en 2013, résultat de plusieurs plans de relance et du développement du marché intérieur chinois.

Au Japon, grâce à de multiples plans de relance, le taux de croissance pour 2012 avoisinera 2%