Les entreprises suisses ne sont pas indifférentes au réchauffement climatique. Elles s'engagent même activement à limiter leurs émissions du dioxyde de carbone (CO2), gaz à effet de serre. Telle est la principale conclusion du premier rapport réalisé dans le cadre de Carbon Disclosure Project (CDP), une initiative internationale qui enquête sur la volonté et l'engagement du secteur privé à combattre le danger.

Risques et opportunités

En Suisse, l'enquête a été menée par l'agence de rating Centre Info, sous le parrainage de Pictet Asset Management et la Fondation Ethos, membres du CDP. Elle a porté sur les plus grandes sociétés cotées. Sur 50 entreprises, 93% de la capitalisation boursière, 39, ont joué la transparence. Sur le plan global, le CDP compte 350 groupements d'actionnaires qui gèrent 41000 milliards de dollars. Son but est d'évaluer l'impact du changement climatique sur la valeur actionnariale.

Parmi les entreprises suisses sondées, 69% affirment avoir une stratégie en matière de changement climatique et 46% ont fixé des objectifs de réduction des émissions de CO2. Cependant, les données fournies indiquent que les objectifs se rapportent généralement aux émissions directes en Suisse et ne couvrent pas les émissions indirectes (consommation d'énergie, recyclage, transport et chaîne de production se trouvant souvent à l'étranger).

Pour 77% des entreprises, le changement climatique comporte des risques directs, comme la sécheresse ou des inondations pouvant affecter la chaîne de production ou l'approvisionnement de matières premières. Les risques pourraient aussi se matérialiser sous la forme de nouvelles réglementations. Mais le changement climatique peut comporter aussi des opportunités commerciales, par exemple pour des produits éco-efficients, des services ou d'ingénierie financière et d'assurance.

Le rapport met aussi en exergue le fait que l'implication à un haut niveau de la hiérarchie au sein des entreprises pour réduire le CO2 est acquise.

Pour Renaud de Planta, patron de Pictet Asset Management, ce rapport constitue un outil important pour l'industrie de la gestion d'actifs. «Nous sommes convaincus que nous pouvons gagner de l'argent pour nos clients en offrant des produits qui intègrent le changement climatique et le développement durable», déclare-t-il. Chez Pictet, deux fonds, le premier lié à l'eau, le second à l'énergie renouvelable font un tabac. Au total, 9% de la masse sous gestion sont affectés aux investissements écologiquement et socialement responsables.