Asie

L’économie suisse met le cap sur la Route de la soie

Johann Schneider-Ammann emmène une délégation de 35 personnes en Asie centrale pour prospecter les opportunités économiques et les possibilités d’investissements

La Route de la soie sera-t-elle le nouvel eldorado de l’économie suisse? Johann Schneider-Ammann fait tout pour que ce soit le cas. Il va enchaîner cet été deux missions économiques dont l’un des objectifs est d’ouvrir des portes aux entrepreneurs helvétiques, qui répondent positivement à son invitation. Le ministre de l’Economie s’envole dimanche pour un voyage de huit jours en Azerbaïdjan et dans trois pays d’Asie centrale: le Kazakhstan, le Kirghizistan et l’Ouzbékistan.

Sous l’égide du président d’Economiesuisse, Heinz Karrer, plusieurs patrons suisses font partie de la délégation de 35 personnes qui participe à cette expédition. Celle-ci transite notamment par Samarcande, Almaty, Tachkent et Bichkek, villes qui, selon les époques, se situaient sur ce soyeux itinéraire. Johann Schneider-Ammann devrait conduire une seconde délégation économique en septembre, en Chine cette fois-ci.

L’un des buts du déplacement de la semaine prochaine est d'«identifier les opportunités économiques pour les entreprises suisses dans le contexte de la «Belt and Road Initiative (BRI) de la Chine», aussi surnommée «nouvelle Route de la soie». Il s’agit de restaurer ce corridor commercial par la voie terrestre (et aussi maritime) dans une région riche en ressources naturelles et désireuse de développer ses infrastructures, en particulier dans les domaines énergétique et ferroviaire. Ce qui explique la présence de Stadler Rail dans la délégation

Investissements suisses espérés

Déjà présent en Azerbaïdjan avec des rames KISS à deux étages, le constructeur thurgovien est actuellement confronté à un dilemme: il se développe aux Etats-Unis, où il construit un centre de production à Salt Lake City, mais a aussi un grand projet en Iran. Il est supposé avoir soumis une offre pour la construction de 960 rames de métro pour un montant de 1,3 milliard de francs. Or, le gouvernement Trump a promis de sanctionner les entreprises qui feraient des affaires en Iran. La mission économique en Asie centrale n’a aucun rapport avec cette menace. Néanmoins, elle peut permettre aux entreprises concernées de s’ouvrir de nouveaux marchés. «La délégation suisse visitera plusieurs zones économiques offrant des facilités à des compagnies étrangères dans le but d’attirer les investissements», communique le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR).

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Au Kazakhstan, elle s’arrêtera à Aktaou, ville riveraine de la mer Caspienne destinée à devenir un carrefour de la BRI sur les réseaux de transport est-ouest. Des quatre figurants au programme, ce pays est celui qui semble offrir le plus grand potentiel aux investisseurs suisses. Il cherche à diversifier son économie et à réduire sa dépendance au pétrole et au gaz. Il entend être un acteur financier central dans la région et s’apprête à inaugurer son nouveau Centre financier international (AIFC) à Astana. Johann Schneider-Ammann signera d’ailleurs deux déclarations d’intention en vue de conclure deux accords, l’un dans le domaine de la reconnaissance des poinçons sur les métaux précieux, l’autre dans le secteur des services. La Suisse est le cinquième pays de destination des exportations kazakhes, derrière l’Italie, la Chine, la Russie et les Pays-Bas. Mais elle n’occupe que le 26e rang des importations.

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Situé de l’autre côté de la mer Caspienne, l’Azerbaïdjan est lui aussi appelé à jouer un rôle important dans le cadre de l’initiative BRI. Johann Schneider-Ammann rencontrera le président, Ilham Aliyev, inaugurera un nouvel investissement suisse dans le domaine de l’industrie chimique à Soumgaït et signera un mémorandum pour de nouveaux projets de coopération dans ce pays, dans le cadre des programmes du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) et de la DDC dans le Caucase du Sud. Il visitera d’autres projets de coopération en Ouzbékistan et au Kirghizistan.

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