Croissance

L’économie suisse a progressé de 1,4% l’an dernier

La croissance du PIB suisse a été de 1,4% en 2016 contre 1,2% un an auparavant. Pour l’industrie, l’impact négatif de l’abandon du taux plancher semble s’estomper

L’économie suisse a vu sa croissance légèrement progresser l’année dernière. Le produit intérieur brut (PIB) a affiché une hausse de 1,4% contre 1,2% en 2015, selon les premières estimations de l’OFS.

La croissance du PIB en 2016 s’est inscrite «dans un environnement contrasté caractérisé par une forte progression du commerce extérieur et des investissements en biens d’équipement», écrit lundi l’Office fédéral de la statistique dans son communiqué sur les comptes nationaux 2016.

Baisse pour les banques

Les effets défavorables de l’abandon du taux plancher en 2015 semblent s’être résorbés. L’industrie manufacturière a retrouvé le chemin de la croissance avec une progression de 1,8%. La situation est toutefois différente selon les branches d’activité et certaines d’entre elles sont toujours confrontées à des difficultés, note l’OFS.

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Pour la troisième année consécutive, la valeur ajoutée des banques est à la baisse. Le secteur financier enregistre une baisse de 2,9%. La valeur ajoutée des services non financiers a augmenté de manière significative (+2,3%). Le commerce de gros ainsi que d’importantes branches du marché intérieur ont évolué positivement. L’éducation et l’hôtellerie-restauration ont eu un parcours inverse, avec des reculs de respectivement –1,5% et –0,7%.

Dynamisme des exportations

Le solde de la balance des biens et services a pris 11,3% l’an dernier. Celui de la balance des services a progressé grâce à une croissance supérieure des exportations (+7,9%) par rapport aux importations (+5,4%).

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La croissance du solde de la balance des biens, de 8,5%, vient aussi du dynamisme plus marqué des exportations (+6%) que celui des importations (+5,2%). La hausse des exportations émane des industries chimique et pharmaceutique, selon l’OFS.

Les investissements ont augmenté de manière soutenue, pour la troisième année consécutive, de 3,1%. Les investissements en biens d’équipement (+4,5%), en particulier dans la recherche et développement et l’informatique expliquent cette hausse. La construction continue de ralentir avec une hausse de 0,9% en 2016 contre 1,6% en 2015.

Baisse du revenu national brut

Les dépenses de consommation finale des ménages et des institutions sans but lucratif ont progressé légèrement, de 1,5% contre 1,8% en 2015. L’évolution favorable du climat de consommation en fin d’année ne se reflète que partiellement dans les résultats annuels.

Le revenu national brut à prix courants, qui mesure la somme des revenus nets perçus par les unités résidentes, enregistre en revanche une baisse de 0,7%, alors qu’en 2015, il progressait de 2,6%.

Ce repli s’explique par la détérioration du solde de la balance des revenus avec l’étranger. Les revenus de la propriété reçus de l’étranger ont diminué de 16,1% et ceux versés à l’étranger de 13,5%.

Révision de certaines statistiques

Les résultats des comptes nationaux de la période allant de 1995 à 2015 ont en outre été révisés. Ils indiquent notamment une croissance plus soutenue de 0,4 point de pourcentage entre 2013 et 2014 et entre 2014 et 2015. Les changements s’expliquent par des révisions dans certaines statistiques, selon l’OFS.


La reprise se confirme pour l’industrie MEM

L’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM) retrouve le sourire, malgré des commandes en baisse au premier semestre. Les revenus de la branche ont en revanche nettement progressé, de 6,2%, au regard des six premiers mois de 2016.

Après une vive hausse de 9,5% en début d’année, les chiffres d’affaires de l’industrie MEM ont poursuivi leur croissance au deuxième trimestre, augmentant de 3,3% en l’espace d’une année, indique lundi Swissmem. La progression affichée au premier semestre 2017 représente la deuxième plus forte expansion semestrielle depuis dix ans.

«Pratiquement tous les feux sont au vert»

Après dix années difficiles consécutives à la crise financière de 2007-2008, à l’envol du franc puis l’abandon à mi-janvier 2015 par la Banque nationale suisse (BNS) du taux plancher, «pratiquement tous les feux sont au vert», a relevé Hans Hess, le président de Swissmem devant la presse à Zurich. Et cela pour la première fois depuis des années.

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Les indicateurs conjoncturels n’ont plus été aussi favorables depuis longtemps, a noté Hans Hess. «Même le cours de change de l’euro ne nous est plus hostile», même si le franc demeure surévalué. A un cours de 1,14 franc pour un euro, la situation se présente nettement mieux qu’avec un cours de 1,05.

Commandes en repli

Les commandes se sont en revanche repliées de 3,4%, conséquence d’une chute de 8,3% entre avril et fin juin, alors qu’elles avaient encore augmenté de 2,3% au cours des trois premiers mois de 2017. Quelque peu décevante vu la hausse des revenus, cette évolution reflète toutefois un effet de base, les ordres ayant affiché une vigoureuse croissance au deuxième trimestre 2016.

De janvier à fin juin, les exportations se sont étoffées de 2,3% à 32,4 milliards de francs. Alors que les envois ont augmenté dans toutes les régions, ceux destinés aux Etats-Unis ont présenté une évolution particulièrement réjouissante.

Les livraisons vers les Etats-Unis, qui ont constitué 13,1% de l’ensemble des envois, ont augmenté de 6,8% et celles vers l’Union européenne (UE), premier débouché de l’industrie MEM avec une part au total dépassant 60%, de 2,7%. Les exportations vers l’Asie se sont révélées nettement plus faibles, celles-ci ayant quasiment stagné (+0,2%) mais en s’inscrivant en zone positive.

Optimisme de mise

Ventilées selon les activités, les livraisons du secteur de la métallurgie ont progressé le plus fortement, soit de 11%. Celles des branches de l’électrotechnique et de l’électronique ont gagné 1,7% et 1,5% pour les instruments de précision. Seule la construction de machines a présenté une valeur négative, subissant un léger repli de 0,3%.

Durant le deuxième trimestre, le taux d’utilisation des capacités de production a atteint 88%. Il s’est ainsi inscrit légèrement au-dessus de la moyenne pluriannuelle de 86,4%. A fin mars, l’industrie MEM employait au total 317 300 personnes, 1% de moins qu’un an auparavant.

Evoquant la suite de l’année, l’association faîtière de l’industrie MEM se veut optimiste, à l’image de ses entreprises membres. La plupart des indicateurs laissent entrevoir une poursuite de l’embellie au cours des prochains mois, alors que les ventes ont augmenté en partie fortement depuis trois trimestres consécutifs.

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