Promotion économique

L'économie vaudoise a résisté malgré les turbulences

Le canton de Vaud a relativement bien traversé 2015, année de fortes turbulences. Le PIB affiche une faible croissance de 0,9%, les exportations ont reculé de 2,6%. Le canton a également attiré 33 nouvelles entreprises étrangères

«On est déçu en bien, compte tenu de la conjoncture internationale et du franc fort. Notre économie a su résister mieux que je ne le pensais à l'abandon du taux plancher, quand bien même nombre d'entreprises sont confrontées à des difficultés», a déclaré Philippe Leuba, chef du Département vaudois de l'économie et du sport (DECS) lundi devant la presse à Lausanne.

Tenir le choc

Si elle est timide, la croissance du PIB de 0,9% est cependant supérieure à la moyenne nationale (0,8%). Conséquence directe de la décision de la BNS, les exportations ont baissé pour la première fois depuis 2009 (2,6% contre 2,5% en moyenne nationale). Quant au taux de chômage moyen, il reste stable à 5% contre 4,9% en 2014, a constaté le ministre.

Même les nuitées hôtelières ont connu une croissance légère de 0,7%, essentiellement due au tourisme d'affaires. Ces indicateurs sont comparativement rassurants, notamment dans le domaine du tourisme, estime Philippe Leuba.

Résilience et innovation

Le conseiller d'Etat s'explique la bonne résistance de l'économie vaudoise par la capacité d'adaptation remarquable des entreprises, par leur force d'innovation et par la diversification.

Vaud est également leader dans l'émergence de start-up qui contribuent non seulement à la diversification du tissu économique, mais surtout à la création d'emplois. Bousculant une idée reçue, les dix plus grandes du canton comptaient une moyenne de 60 collaborateurs en 2015, a noté le conseiller d'Etat.

La politique novatrice du canton en matière d'innovation porte ses fruits, s'est-il réjoui. Il a cité en exemple la création d'un cluster du sport mettant en réseau de nombreux partenaires.

Soutien aux industries

En parallèle, le Conseil d'Etat fait sa part en matière de soutien aux entreprises industrielles avec la mise en place d'une deuxième mesure en l'espace d'un an. Elle vise à favoriser l'accès au foncier industriel pour les collectivités publiques via un décret financier de 9 millions soumis au Grand Conseil, a rappelé Philippe Leuba.

Le ministre a également tiré un premier bilan du fonds de soutien à l'industrie annoncé en 2015: 29 demandes de soutien pour des aides à fonds perdu ont déjà été déposées, représentant des investissements de 15,5 millions pour 2,4 millions d'aides publiques. Six demandes ont été reçues au niveau des cautionnements: 1,8 million d'aides publiques, permettant cinq millions d'investissements.

228 PME aidées

Au niveau des «aides classiques», accordées au titre de la Loi sur l'appui au développement économique, le Service de la promotion économique et du commerce (SPECo) a octroyé 5 millions d'aides directes à 228 PME, représentant 3425 emplois, a détaillé Raphaël Conz, responsable Unité Entreprise.

L'augmentation du nombre d'aides est de 23% par rapport à 2014, celle du soutien financier de 21%. Cette hausse s'explique par les difficultés économiques rencontrées par les entreprises exportatrices suite à la crise du franc fort. Quant aux organismes d'aide cantonaux, ils ont soutenu "indirectement" 518 entreprises vaudoises (8'138 emplois concernés), à hauteur de 4,4 millions.

Nouvelles venues

En 2015, 33 sociétés se sont installées dans le canton contre 36 en 2014, a indiqué Jean-Frédéric Berthoud, directeur du Développement économique. Provenant avant tout de France et des Etats-Unis, elles ont créé 129 emplois contre 92 l'année précédente.

Les principaux critères de choix qu'elles évoquent ne sont pas liés à la fiscalité, mais aux conditions-cadres associées à l'environnement académique, la main d'oeuvre qualifiée et internationale, l'accès aux marchés EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), a-t-il précisé.

Philippe Leuba ne cache pas que l'année 2016 risque d'être plus difficile que 2015. Le Conseil d'Etat continuera à renforcer l'innovation, à soutenir le secteur industriel et à renforcer les conditions-cadres, a-t-il relevé.

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