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L'éditeur lausannois de logiciels Nexthink passe à l’offensive aux Etats-Unis

La société de logiciels enregistre une forte croissance. Son directeur, Pedro Bados, tient à maintenir 50% des effectifs à Lausanne

L’éditeur de logiciel vaudois Nexthink, localisé dans le Centre Malley Lumières à Lausanne, au-dessus d’un centre commercial et de salles de cinéma, n’a pas le profil d’une PME traditionnelle. Cette entreprise, qui développe des solutions permettant aux départements informatiques d’identifier toutes sortes d’anomalies sur les postes de travail ou les boîtes e-mails des employés, détonne par sa croissance extrêmement rapide et par l’engouement qu’elle suscite auprès des investisseurs.

Elle est parvenue à lever depuis sa création en 2004 près de 65 millions de dollars de fonds externes et vise une entrée en bourse d’ici trois à cinq ans, très certainement au Nasdaq aux Etats-Unis. «C’est le seul marché où les investisseurs comprennent la valorisation d’une société comme la nôtre», dit Pedro Bados, le fondateur et directeur de Nexthink.

Réduire de 30% le nombre d’incidents rencontrés par les utilisateurs

Le chiffre d’affaires de la PME romande devrait croître de plus de 40% en 2016. Les solutions de Nexthink sont utilisées par plus de 650 clients, à l’exemple de la Migros, des HUG, du cabinet de conseil et d’audit PwC ou du Ministère de la Défense en France. Avec sa technique d’auto-apprentissage et d’intelligence artificielle, la solution de Nexthink permet de superviser et de gérer de manière centralisée la performance des postes de travail, d’en améliorer la sécurité et la qualité de service pour les utilisateurs.

«Cette approche, basée sur les données analytiques provenant des postes de travail, permet aux équipes de support de réduire de 30% le nombre d’incidents rencontrés par les utilisateurs, tout en détectant d’éventuelles failles de sécurité sur plusieurs milliers de postes en l’espace de quelques secondes», précise Pedro Bados un ingénieur en télécommunication qui a étudié à Saragosse en Espagne avant de rejoindre l’EPFL et créer sa société à l’âge de 25 ans seulement.

Des talents débauchés chez Google ou Microsoft

D’ici trois ans, l’entreprise, née d’un projet de recherche en intelligence artificielle au sein de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, s’est fixée comme objectif de réaliser un chiffre d’affaires dépassant les 100 millions de dollars. «D’ici quelques années, nous devrions compter entre 600 à 700 employés, dont 350 à Lausanne, prévoit Pedro Bados qui doit recruter à l’étranger pour trouver des spécialistes. Nous doublons de taille tous les quatorze mois. Ce n’est pas évident de trouver les ingénieurs avec une dizaine d’années d’expérience dans les logiciels. Nous devons les débaucher aux Etats-Unis, par exemple chez Google ou Microsoft. Je passe près de 50% de mon temps à rechercher des talents.»

Les employés de Nexthink proviennent ainsi de tous les continents mais semblent animés par une même passion. Ils contribuent solidairement avec Pedro Bados au succès de cette jeune pousse devenue leader des logiciels. «Je dois transmettre à mes collaborateurs l’idée d’aller toujours plus loin, explique Pedro Bados. Le directeur est un coordinateur qui porte une mission et tranche, mais le projet doit être porté par tous.»

Développement outre-Atlantique

Désormais, même si Nexthink reste profondément attachée à la région lémanique, elle prévoit de se développer fortement outre-Atlantique. L’entreprise a déjà ouvert un bureau à Boston pour s’attaquer au marché américain, là où se trouvent ses principaux concurrents, tels IBM ou HP. «Nous prévoyons de nous y étendre de manière très agressive», annonce Pedro Bados. Comptant déjà dix antennes dans le monde, cette société tient toutefois à maintenir sa présence romande. «Je souhaite créer ici un pool de compétence dans la technologie, annonce-t-il. Je n’ai pas l’intention d’externaliser pour des questions de coûts. Plus de 50% des effectifs resteront ici à Lausanne.»


Les PME à l’honneur

Le concours organisé par le Swiss Venture Club récompense une PME qui s’inscrit dans la pérennité. Après une sélection de plus d’une année et la visite de six entreprises, le jury – composé d’une quinzaine de personnalités de l’économie romande –, auquel participe Le Temps, a établi un classement qui sera révélé le mercredi 9 novembre au SwissTech Convention Center. D’ici là, chaque lundi, une de ces six entreprises finalistes sera présentée dans Le Temps.

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