E-commerce

L’effervescence des achats de Noël enflamme le site QoQa

La PME va fêter ses dix ans le 14 décembre prochain. Elle espère enregistrer un chiffre d’affaires de 45 millions pour 2015

Chez QoQa, les équipes sont au «taquet», selon les propos de Pascal Meyer, le fondateur de l’entreprise romande qui propose quotidiennement des ventes «flashs» à prix préférentiels sur Internet. C’est l’effervescence des achats de Noël. Dans les bureaux à Bussigny (VD), six collaborateurs sont chargés de répondre par téléphone aux «qoqasiens», les adhérents du site. Beaucoup d’entre eux ont pour préoccupation de savoir si leurs achats seront livrés avant les fêtes.

A quelques exceptions près, les 49 employés semblent tous jeunes. Certains arborent fièrement le T-shirt noir et rose de cette société. Une PME où la rigueur n’empêche pas de rigoler, où le travail s’accompagne parfois de parties de Pac-Man vintage ou de goûters à base de marshmallows trempés dans du chocolat fondu.

Des recettes au gré des objets de cuisine proposés par le site

«Nous testons une recette pour enfant, proposée dans le cadre du calendrier de l’Avent», justifie Benoît Waber, bloggeur culinaire pour QoQa et accessoirement demi-finaliste pour l’émission culinaire «Masterchef». Il élabore des recettes au gré des objets de cuisine proposés par le site à ses membres. À ses côtés, une jeune femme décore les créations gustatives pour enfants avec des bonbons colorés. Munie d’un appareil photo, elle immortalise les sucreries qui seront présentées aux Internautes.

De son côté, Pascal Meyer, le fondateur du site romand, fédère et motive ses troupes. Il déambule dans les couloirs, passe quelques coups de fils dans son bureau, plaisante avec ses employés mais n’hésite pas, s’il le faut, à les remettre à l’ordre. Il a l’œil sur tout.

45 millions de ventes en vue cette année, contre 40 millions en 2014

Au deuxième étage, de cet immeuble situé dans une zone industrielle de Bussigny, à la rue d’Arc-en-ciel, une brigade d’hommes empaquette la marchandise sur fond sonore. «La musique les motive», explique Pascal Meyer qui compte sur les mois de novembre, décembre et janvier pour réaliser entre 25% et 30% du chiffre d’affaires. «Les ventes devraient atteindre 45 millions de francs cette année, contre 40 millions en 2014», se réjouit Pascal Meyer, le patron du site romand qui fêtera ses dix ans d’existence le 14 décembre prochain. À cette occasion, des offres particulières seront proposées aux 350 000 adhérents. On se souvient du buzz créé par les Porsche Carrera à 50%, les Rolex bradées ou des vols en apesanteur à prix cassé. Cela fait plusieurs mois que Pascal Meyer planche sur l’offre des dix ans mais il tient à garder le secret jusqu’au dernier moment.

Pour l’heure, l’entreprise vaudoise se concentre sur ses ventes de Noël. Elle vient d’écouler en dix heures trois tonnes de Panettone, fourrés à la Grappa. Les vins et les spiritueux sont également pris d’assaut. Tout comme d’ailleurs les couches-culottes. Un million de Pampers (Procter & Gamble) ont été vendus en quelques heures sur Qkids, le «rayon enfants» du site QoQa. «Nous pensions arrêter les articles pour enfants à la fin du mois de décembre mais la demande est telle que nous allons probablement poursuivre avec Qkids», précise Pascal Meyer, un self-made-man de 35 ans.

Parfois, les marques contactent la PME

Pour trouver sa marchandise, la PME passe parfois par des intermédiaires qui négocient avec différents fournisseurs. Tel a été le cas pour Procter & Gamble, contacté par un intermédiaire en Allemagne. «Dans 20% des cas, nous allons chercher les produits que nous proposons à nos membres. Sinon, ce sont les marques, elles-mêmes, qui nous contactent. Elles veulent lancer de nouveaux produits et souhaitent avoir un feed-back sur ceux-ci. D’autres veulent écouler des fins de séries.» Certains hôteliers passent par QoQa pour remplir leur établissement durant une période plus creuse ou pour faire connaître leur hôtel auprès d’une nouvelle clientèle. Jean-Yves Blatt, directeur de The Chedi Andermatt, un établissement de luxe, a décidé de se faire connaître en Suisse romande, via le site communautaire. «C’est une opération marketing qui a eu beaucoup de succès et que nous allons renouveler», explique l'hôtelier. D’autres palaces sont passés par QoQa.ch. On peut citer le Victoria Jungfrau Grand Hotel à Interlaken, l’Hôtel Palafitte à Neuchâtel ou les Trois Couronnes à Vevey. Ce dernier a par exemple proposé des chambres pour deux personnes à 399   francs, avec accès au spa et repas gastronomique avec trois plats. «Les hôteliers touchent 80% du montant à l’avance. Nous leur offrons de la visibilité et les hôtels bénéficient d’un taux d’occupation garanti. Et les «qoqasiens» consomment quand ils passent un séjour dans un hôtel», souligne Pascal Meyer, fondateur du site qui touche une commission sur chaque transaction.

«L’entreprise est bénéficiaire et indépendante financièrement. Je révinvestis tout dans la société», affirme Pascal Meyer qui ne craint pas l’effet de mode du concept QoQa. «Je suis parti dans la Silicon Valley pour trouver des sources d’inspiration et me projeter dans l’avenir. Je pense être sur la bonne voie pour les prochaines années, estime l’entrepreneur qui prévoit toutefois quelques nouveautés pour 2016. Les membres de QoQa pourront revendre les produits qu’ils ont achetés. Une façon d’offrir une deuxième vie au produit.»

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