La trêve est finie. Mercredi, le syndicat Unia a brutalement annoncé l’échec de la conciliation entre le personnel de Merck Serono et sa direction, imposée fin juin par la Chambre des relations collectives de travail. Cette tentative de médiation, intervenue après 11 semaines de mobilisation acharnée des salariés, n’aura duré que 11 jours ouvrables. Soit quatre séances, totalisant 48 heures de pourparlers, alors que la durée d’une telle procédure est théoriquement illimitée.

Comment en est-on arrivés à ce résultat stérile, si rapidement? «Les propositions de Merck Serono [ndlr: une amélioration du plan social de 4%] étaient trop à la marge pour une entreprise dotée de telles capacités financières», résume Christian Dandrès, avocat d’Unia. Les divergences apparues en cours d’arbitrage, réunissant le directeur des ressources humaines de la multinationale, Arnold Graz, son avocat Me Daniel Tunik (Lenz & Staehelin), ainsi que huit membres d’Unia et de représentants du personnel, étaient nombreuses. Mais les principales pierres d’achoppement concernaient le traitement des indemnités prévues pour les employés passés par la case temporaire avant d’être titularisés, et l’articulation entre le plan social et les mesures de rétention de personnel. «Des employés ont été engagés après une période probatoire de trois ans, pour laquelle ils ne toucheront rien, précise l’avocat d’Unia. Pour éviter l’hémorragie, Merck Serono divise par deux les indemnités en cas de départ trop anticipé.»

Restructuration ininterrompue

De son côté, Merck Serono, qui a notamment mobilisé 1,5 million pour atténuer les effets de son démantèlement et garanti une indemnité de départ minimale de 25 000 francs, a regretté hier l’échec des négociations. Dans son communiqué, la multinationale précise vouloir maintenir le dialogue avec sa base, principalement de manière individuelle.

Bilan: les mesures de lutte syndicale et de médiatisation du conflit de travail peuvent reprendre, tandis que le plan de restructuration (envoi de lettre de licenciement, logistique de délocalisation) s’est poursuivi ces dernières semaines. «Les employés sont fous de rage», conclut Christian Dandrès. Une réunion collective prévue le 26 juillet devrait être avancée, pour décider d’éventuelles actions syndicales plus musclées.