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Les pays nordiques, chantres de l’égalité, ont remplacé le congé maternité suranné par un congé parental, dont la moitié des jours peuvent être pris par le père. 
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Carrières

Pour l’égalité salariale, supprimons le congé maternité

OPINION. Le congé maternité constitue une discrimination à l’embauche. Il faudrait donc le remplacer par un congé parental, au sens large

Plus de quarante ans de débats sur l’égalité salariale, et les femmes sont toujours indignement payées 15% de moins que les hommes (OFS, 2014)! Pourquoi n’y arrive-t-on pas? En dehors d’un manque de majorité politique, le parlement n’envisage pas le problème de manière suffisamment systémique.

Lire aussi: La transparence des salaires est-elle vraiment une bonne idée?

Les vains efforts actuels ne se focalisent que sur un seul aspect de l’égalité: à travail égal, salaire égal. Cependant, obtenir l’égalité salariale entre hommes et femmes - et de manière plus générale, l’égalité au travail - doit aussi passer par une résolution des problèmes de discrimination présents structurellement dans nos conditions cadres.

Discrimination à l’embauche

L’exemple du congé maternité est emblématique: a priori unanimement acclamé comme une avancée sociale significative pour les femmes, personne ne penserait sérieusement à le supprimer. Dans la réalité, il renforce pourtant la discrimination à l’embauche, et les inégalités salariales. Comment? En engageant une femme, on prend un risque que cette dernière soit absente pendant de nombreux mois, et ce peut-être sur plusieurs années.

Se pose-t-on cette question pour homme? Jamais. Conséquences? Les conditions-cadres de la grossesse sont un incitatif implicite pour les entreprises à préférer des hommes, notamment lorsque l’on contemple des postes à responsabilités, plus exigeants et donc mieux rémunérés.

Comment les pays nordiques, chantres de l’égalité, ont-ils fait pour éviter ce piège discriminatoire? Ils ont remplacé le congé maternité suranné par un congé parental, dont la moitié des jours peuvent être pris par le père. En évitant de stigmatiser dans la loi le rôle biologique de la femme, on rétablit ainsi la responsabilité solidaire des parents envers l’employeur.

Temps partiel

Autre problématique: le temps partiel. Alors que seuls 19% des hommes travaillent à temps partiel en Suisse, les femmes sont plus de 61%, avec comme résultat des postes souvent moins importants, plus précaires et des salaires proportionnellement plus faibles. Réformer les moyens de concilier vie professionnelle et familiale est donc un impératif si l’on vise l’égalité salariale.

Pour ce faire, l’accueil de l’enfance est particulièrement développé en Suède, les tarifs plafonnés, les horaires très larges, et l’école avec horaire continu, des repas chauds servis à midi et des activités, leçons et devoirs compris, jusqu’en fin d’après-midi.

Une telle vision égalitaire n’est pas seulement bonne pour la cohésion des sexes. Ces politiques volontaristes ont également un impact positif sur la natalité – le ratio d’enfants par femme est de 1.88 en Suède contre 1.54 en Suisse – qui représente la pierre angulaire pour la survie à long terme de notre modèle de prévoyance, dont les cotisations à l’AVS et au deuxième pilier.

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