On peut appeler cela «l'effet Lula». Depuis que le syndicaliste est devenu président du Brésil, les entreprises rivalisent de générosité pour contribuer à son programme de lutte contre la pauvreté «Faim Zéro», dont le coût est estimé à 1,5 milliard de dollars (2,06 milliards de francs). IBM, Bayer et Unilever ont annoncé leur soutien, relève le New York Times. Nestlé a promis 1000 tonnes d'aide alimentaire, Ford donnera plus de 200 kg par véhicule vendu.

L'institut gouvernemental de recherches économiques appliquées estime qu'un demi-million de sociétés dépensaient déjà 2,5 milliards de dollars en projets sociaux il y a deux ans. L'arrivée d'un président faisant de la lutte contre la pauvreté sa priorité a renforcé cette tendance, ne serait-ce que «parce que le business cherche toujours à plaire au gouvernement en place», note Oded Grajew, conseiller personnel de Luiz Ignacio Lula pour les projets sociaux.

Ainsi, la société Pão de Açucar a augmenté sa contribution de 4 millions de dollars en 2002 à 6,5 millions cette année. Même le top model Gisèle Bündchen a saisi l'occasion de la semaine de la mode à São Paulo pour remettre son cachet de 30 000 dollars. Milu Vilela, présidente du mouvement d'aide social Faça Parte, calcule que le nombre de Brésiliens proposant du bénévolat est passé de 20 millions en 2000 à 44 millions l'an dernier. Un Brésilien sur quatre – soit 46 millions de personnes – vit avec moins de 1 dollar par jour.