LEM mise sur l'Asie. La firme genevoise, spécialiste des systèmes de mesure de l'électricité, annonce qu'elle a conclu une alliance avec son premier concurrent mondial dans le domaine des composants, le japonais Nana. Le partenariat prend la forme d'une coentreprise dont le capital est détenu à parts égales par LEM et Nana.

Selon Patrick de Bruyne, président et PDG de LEM, sa société reprendra d'ici à quatre ans le contrôle total de la structure. «L'absorption d'une entreprise privée au Japon reste une chose difficile, a-t-il relevé devant la presse. Nous prenons garde de ne pas effrayer les clients locaux de notre partenaire qui lui sont très attachés.» Aucun montant n'a été avancé. Nana réalise un chiffre d'affaires de 27 millions de francs, soit 40% des activités de LEM dans les composants, et emploie 100 personnes dont 60 «temporaires» à la mode japonaise. Ce sont des collaborateurs de longue date sans réel statut.

Patrick de Bruyne a dévoilé des perspectives meilleures pour LEM. Alors que l'entreprise a vu son chiffre d'affaires stagner sur les deux dernières années, le quatrième trimestre 1999 et le carnet de commandes préfigurent des jours meilleurs. «Quant à notre résultat net pour 1999, il sera positif.» De nouveaux marchés s'ouvrent, comme celui des capteurs dans l'automobile, qui devrait passer selon les prévisions de LEM de 10 à 100 millions de francs d'ici à 2004 au niveau mondial.

Réductions d'emplois

Le patron genevois se fixe un objectif de rendement des fonds propres de 12%. «Pour une fois, nous n'avons pas repris une société malade», a lancé Patrick de Bruyne. Avec Nana, le chiffre d'affaires dans le domaine des composants passera de 72,5 à plus de 100 millions de francs. LEM détenait déjà une filiale au Japon et ses deux dirigeants entrent au conseil d'administration du joint-venture, présidé par le patron nippon de Nana. Outre cette opération, LEM se prépare à une réorganisation de grande ampleur, qui passera par la spécialisation des différents sites de production du groupe. L'activité des instruments enregistreurs, basée en Autriche et considérée comme non stratégique, vient d'être vendue à un concurrent néerlandais. L'entreprise cherche à limer ses coûts après une période de croissance tous azimuts. Dans ce cadre, des réductions d'emplois pourraient «sans doute» être envisagés, selon Patrick de Bruyne. A Genève, LEM emploie 210 personnes. Son effectif total se monte à 690 collaborateurs.