PLACE FINANCIERE

L'emploi dans les banques genevoises augmente à un rythme annuel de 7%

L'embellie profite à tous les types de banques. Les fonctions de support sont très recherchées.

Il y a trois ans, au plus fort du marasme, Renaud de Planta, associé de Pictet & Cie, s'inquiétait que le nouveau siège social que sa banque construisait à la périphérie de Genève puisse se retrouver à moitié vide. En 2006, alors que les premiers services déménagent dans le bâtiment tout neuf des Acacias, la banque privée est déjà obligée de louer des bureaux dans des bâtiments voisins: son effectif a crû au-delà de toutes les anticipations. Il va avoisiner les 2500, contre 1900 en 2003. Rien que cette année, 300 places nouvelles devraient être créées, dont 60% à Genève, rapporte Franck Renggli, le porte-parole.

Pictet & Cie n'est pas la seule à se trouver à l'étroit dans ses murs. Mirabaud & Cie songe à quitter son immeuble de la rue du Théâtre après 132 ans... pour s'installer dans les anciens locaux de sa consœur Pictet & Cie. «Notre effectif en Suisse est en train de monter à 267, contre 217 début 2005», explique Laurent Koutaïssoff, porte-parole de Mirabaud & Cie.

18000 emplois

Après les grandes banques, les banques privées qui forment l'ossature de la place financière genevoise profitent à leur tour pleinement de la reprise. Syz, par exemple, devrait compter 250 personnes en fin d'année, soit une progression de l'ordre de 10% sur 12 mois. L'Union bancaire privée (UBP) prévoit d'atteindre 1250 salariés fin 2006, contre 1160 un an plus tôt. Les banques étrangères s'inscrivent dans la même tendance: HSBC Private Bank a porté le nombre de ses collaborateurs à 1061 après l'ajout de 81 postes depuis décembre dernier.

L'expansion rapide de l'emploi bancaire est attestée par les statistiques de la Fondation Genève Place Financière. Les quelque 140 banques du canton donnent maintenant du travail à plus de 18000 personnes, contre 16300 en janvier 2005. Le rythme de hausse annuelle est de 7%. «Toutes les catégories d'établissements embauchent», précise son directeur Steve Bernard. Parallèlement, le nombre de chômeurs inscrits à Genève dans la catégorie banques a réduit de moitié à 637 personnes; soit un taux de chômage financier de 2,7% à la fin juillet.

Plusieurs cabinets de recrutement témoignent d'une hausse de 30% de leurs mandats sur un an. Mais leur tâche devient plus ardue: «On remarque un fort recul des candidatures spontanées et une baisse de leur qualité», déclarent Sally Trigues et Vincent Kimpe, consultants chez Finders à Genève. «Le marché des candidats s'assèche», poursuit José Dominguez associé principal de Performance Consultant à Genève.

Malgré ces tendances, les professionnels ne décèlent pas de signes de surchauffe: «On reste loin de l'euphorie des années 2000, estime Amélia de Kalbermatten, directrice d'Interxpert à Genève. Les salaires ne prennent pas encore l'ascenseur.» Néanmoins, les chasseurs de tête observent un début d'assouplissement des critères de recrutement.

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