L’ouragan Sandy n’aura pas eu raison de la publication des chiffres du chômage américain pour le mois d’octobre. Malgré la fermeture des offices gouvernementaux lundi et mardi à Washington, les statistiques de l’emploi ont été publiées en temps et en heure vendredi. Résultats des courses: le taux de chômage officiel est remonté à 7,9% de la population active, contre 7,8% au mois de septembre.

Les statistiques publiées par le Département du travail sont toutefois meilleures que prévues pour ce qui concerne les embauches. Ainsi, l’économie américaine a créé 171 000 emplois de plus qu’elle n’en a détruit au mois d’octobre. Les analystes sondés par Bloomberg tablaient sur une progression de 125 000 places de travail. Si cette amélioration n’a pas empêché le taux de chômage de repartir à la hausse, c’est que le taux d’activité – soit le nombre de personnes employées ou cherchant activement un travail – a également progressé de 0,2 point, à 63,8% de la population. Au mois d’août, cet indicateur avait touché son niveau le plus bas depuis 198, à 63,5%.

Pour les analystes de BNP Paribas, les chiffres de l’emploi confirment une amélioration des conditions sur le marché du travail outre-Atlantique. «Les créations d’emplois ont été supérieures à 150 000 pour le quatrième mois consécutif, notent-ils. Une progression qui a été encore plus impressionnante dans le secteur privé, où 184 000 nouvelles positions ont été ajoutées, notamment dans les secteurs des services, de la construction et de l’industrie manufacturière.»

Les marchés dubitatifs

Mitt Romney n’a pas tardé à réagir, quatre jours seulement avant l’élection présidentielle. Le candidat républicain a estimé que ces chiffres constituaient un «triste rappel» du fait que l’économie américaine est «quasiment au point mort». «Le taux de chômage est plus haut que lorsque le président Obama a pris ses fonctions, et il y a toujours 23 millions d’Américains qui peinent à trouver un emploi», a-t-il poursuivi. Lors de l’accession de Barack Obama à la Maison-Blanche, le taux de chômage était de 7,8%. Toutefois, après un pic de 10% en octobre 2009, le président sortant peut se targuer de l’avoir ramené en dessous des 8%; ce qui n’était plus arrivé depuis fin 2008.

L’impact de ces derniers chiffres officiels sur les électeurs avant l’élection de mardi reste difficile à jauger. De leur côté, les marchés semblaient indécis. Après avoir ouvert à la hausse vendredi, Wall Street flirtait légèrement en dessous de l’équilibre en fin de journée.