Le géant américain des microprocesseurs Intel a annoncé mardi qu’il ferait son entrée sur le marché des téléphones mobiles en Chine, avec un appareil du fabricant informatique Lenovo.

«Le meilleur de la technologie Intel vient maintenant dans les téléphones portables», a déclaré le directeur général d’Intel Paul Otellini lors d’une conférence au premier jour du salon mondial de l’électronique grand public (CES) à Las Vegas (Nevada, ouest des Etats-Unis).

«Cela va d’abord arriver en Chine, le plus grand marché au monde pour les téléphones multifonctions», a ajouté Paul Otellini.

Le vice-président de Lenovo, Liu Jun a rejoint Paul Otellini pour faire la démonstration d’un téléphone baptisé K800, doté d’un «superbe» microprocesseur d’Intel. Equipé d’un écran tactile relativement grand, à 4,5 pouces (11,4 cm) de diagonale, il peut transmettre des vidéos sans fil à des télévisions de Lenovo.

Partenariat avec Google

L’opérateur de lancement, au deuxième trimestre, sera Unicom, ont précisé les groupes. L’appareil pourrait être vendu entre 600 et 700 dollars, selon Lenovo.

Par ailleurs Intel a également conclu un partenariat avec l’américain Motorola Mobility, en passe de se faire acheter par Google dans une transaction à 12,5 milliards de dollars, pour toute une nouvelle gamme de téléphones qui doit débuter dès cette année, selon le patron de Motorola, Sanjay Jha.

Ces téléphones fonctionneront également avec Android, le système qui fait tourner la plupart des téléphones haut de gamme de la marque autrefois pionnière de la téléphonie mobile.

Intel veut rattraper son retard

Intel, dominateur dans les ordinateurs portables et de bureau, s’est laissé distancer par la concurrence sur le segment des téléphones portables, mais l’accent mis ces dernières années sur la miniaturisation toujours plus poussée de ses composants doit, espère-t-il, lui conférer désormais un avantage dans ce secteur, à l’expansion bien plus rapide que celle des ordinateurs.

Pour l’analyste indépendant Robert Enderle, il est d’autant plus essentiel pour Intel de se mettre aux portables que ses concurrents Qualcomm et Nvidia s’y sont déjà mis. Le leader actuel du secteur, le britannique ARM, a en outre commencé à se faire une place dans les ordinateurs personnels et de bureau.

«On était dans une situation où ARM commençait à empiéter sur le territoire d’Intel, et Intel n’était pas en mesure de riposter», explique Richard Enderle.

«Il est vital qu’Intel s’affirme comme un concurrent viable partout où ARM est présent», ajoute-t-il.

Indépendamment du succès que rencontreront les téléphones de Lenovo et Motorola Mobility sur le marché, «pour le moment il est très important qu’Intel crée au moins la perception qu’il est toujours dans la course», estime Robert Enderle.