Santé

L’entrepreneur bâlois Thomas Straumann met en bourse sa deuxième société

Après Straumann Holding, le leader mondial des implants dentaires, Thomas Straumann, célèbre pour son Aston Martin DB5 qui a figuré dans deux films de James Bond, introduit en bourse Medartis, un spécialiste de la fixation osseuse

Thomas Straumann avait introduit en bourse le groupe Straumann en 1998. Aujourd’hui le producteur d’implants dentaires, dont il détient 17,1% du capital, présente une capitalisation boursière de 10,4 milliards de francs, après une hausse de l’action de 52% depuis un an. L’entrepreneur dont la fortune vaut entre 1,5 et 2 milliards, selon Bilan, a annoncé mardi dans un communiqué ses intentions de mettre en bourse sa deuxième entreprise spécialisée dans les techniques médicales au premier semestre 2018. Il s’agit de Medartis Holding, une société bâloise de plus de 480 collaborateurs, dont 220 dans la ville rhénane, qui assure le design, la production et la distribution de solutions de fixation osseuse chirurgicale.

Ses produits, des plaques et des vis en titane, sont utilisés par les chirurgiens lors du traitement de fractures, notamment du poignet, de la main, du coude, des épaules, du pied et de la cheville. Le groupe est leader en Allemagne dans les systèmes de fixation pour le poignet.

Une transaction pour financer la croissance

Après avoir désinvesti ses participations horlogères (H. Moser) et hôtelières (Bâle, Gstaad), l’homme qui détient une Aston Martin DB5 qui a déjà figuré dans deux films de James Bond déclare qu’il introduit Medartis en bourse afin de financer la croissance de cette dernière. A ses dires, la transaction devrait «marquer une étape importante dans le développement de Medartis et nous permettre d’amener la société à un niveau supérieur», écrit l’actionnaire majoritaire. L’IPO devrait notamment accroître la notoriété de la société auprès des chirurgiens et des autres partenaires ainsi que souligner l’ancrage suisse et son engagement pour le marché local.

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Rares sont les entrepreneurs ayant introduit deux sociétés en bourse. Jean-Paul et Martine Clozel, également à Bâle, sont dans ce cas. Les cofondateurs d’Actelion viennent de vendre 30 milliards de dollars à Johnson & Johnson la société qu’ils ont cofondée en 1997, la même année que celle de la fondation de Medartis. L’an dernier, reprenant une partie des activités d’Actelion au sein d’Idorsia, ils ont mis cette dernière en bourse. Offerte à 10 francs, l’action vaut déjà 15 francs pour une valorisation totale de 3 milliards.

Une production entièrement en Suisse

Tous les produits de Medartis sont fabriqués à Bâle, notamment grâce à des robots. Ils sont ensuite vendus dans 44 pays dont les Etats-Unis, l’Allemagne, le Japon ou le Brésil. L’objectif consiste à offrir des solutions de fixation osseuse innovantes et de haute qualité en y associant un support continu et la formation nécessaire.

Le chiffre d’affaires du groupe s’élève à 105 millions de francs, après une hausse de 14% l’an dernier. Le bénéfice d’exploitation (EBITDA) atteint 19 millions de francs. La société déclare qu’elle enregistre un résultat net positif sans en préciser le montant ni la variation.

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Le potentiel de croissance devrait provenir, selon le communiqué, en premier de la reconnaissance par la communauté médicale de la capacité des produits chirurgicaux de rétablir rapidement la mobilité et la qualité de vie des patients. Le fait que Thomas Straumann soit cofondateur de l’International Bone Research Association (IBRA) soutient cette thèse. Le développement démographique et le besoin croissant des personnes âgées de rester actives, ainsi les effets négatifs du diabète et de l’obésité sur la qualité osseuse, soulignent les perspectives favorables, selon l’entreprise.

L’entrée en bourse sera coordonnée par la Banque Cantonale de Zurich et la banque d’investissement Bryan, Garnier & Co, avec Kepler Cheuvreux en tant que co-manager.

Le groupe Straumann, qui vient de présenter ses résultats 2017, est également en forme. La croissance organique au quatrième trimestre atteint 18%, alors que les analystes s’attendaient à une hausse de 13%. L’entreprise offre une marge d’exploitation (EBIT) de 25,6%.

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