Cytos Biotechnology étudie une mise en liquidation ou une faillite. L’entreprise de biotechnologies zurichoise se trouve une nouvelle fois au bord du gouffre après l’échec d’une étude clinique pour son médicament CYT003 pour le traitement de l’asthme. La procédure de licenciement collectif des 36 salariés a été initiée.

L’étude, dite en phase 2b, qui consistait à comparer le médicament avec un placebo, n’a pas permis de démontrer une réduction significative des symptômes après le questionnaire effectué en douzième semaine, précise lundi l’entreprise établie à Schlieren (ZH). Face à cette situation, le conseil d’administration a chargé la direction d’étudier une liquidation ou l’ouverture d’une procédure de faillite.

La décision repose sur l’accord conclu avec les sociétés Abingworth, venBio, Aisling et Amgen, lesquelles avaient souscrit des emprunts convertibles se montant au total à 13,25 millions de francs. La conversion anticipée de ces prêts, prévue pour février 2015 à 150% de la somme initiale et un prix de 2.13 francs par action, a été soumise à la réalisation du point primaire de l’étude sur CYT003.

A fin mars, Cytos Biotechnolgy disposait de liquidités se montant à 31 millions de francs. L’entreprise estime dès lors peu probable le remboursement des obligations convertibles subordonnées. Elle ne prévoit pas non plus le versement d’un dividende de liquidation aux actionnaires.

Dégringolade de l’action

Sans surprise, l’action du laboratoire zurichois s’est effondrée à la bourse suisse. Après 20 minutes de négoce, le titre notait à 15 centimes, en chute libre de 2.72 francs, soit plus de 94% par rapport à la clôture de vendredi. L’indice élargi Swiss Performance Index stagnait, avec une infime hausse de 0,01%.

Cytos Biotechnology a bouclé 2013 sur une perte nette de 30,8 millions de francs, soit plus de trois fois celle de 9,2 millions affichée pour 2012. Il est par contre parvenu à sensiblement renforcer les liquidités nécessaires pour ses opérations.

Le chiffre d’affaires de la société est pour sa part resté pratiquement stable, à 1 million de francs, après 1,1 million en 2012. Il reflète pour l’essentiel des droits de licence versés par le géant pharmaceutique bâlois Novartis.

Le taux d’utilisation des liquidités ou «cash burn rate» dans le jargon, s’est inscrit l’an dernier à 1,68 million de francs en moyenne mensuelle, contre 1,1 million l’année précédente. A fin 2013, Cytos disposait de liquidités et autres moyens disponibles pour 40 millions de francs.

Difficultés chroniques

Ce poste a bénéficié d’une augmentation de capital propre de 24,6 millions de francs, ainsi que d’un apport extérieur de capital de 6,6 millions. Cytos était déjà passée près de la fin entre 2011 et 2012.

Le laboratoire zurichois avait pu poursuivre son activité après avoir réuni suffisamment de voix de ses créanciers pour restructurer son emprunt convertible qui atteignait plus de 35 millions de francs en novembre 2011. L’opération avait reçu en février le feu vert de l’instance du Tribunal cantonal de Zurich chargée des sursis concordataires.

Cytos Biotechnology, en proie à de lourdes difficultés financières, avait annoncé fin octobre 2011 qu’il lui manquait 17 millions de francs pour rembourser l’emprunt convertible arrivant à échéance en février 2012.