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Roxane Piquerez et son frère Arnaud Maître dirige l'entreprise familiale Louis Bélet.
© Eddy Mottaz

Prix SVC

L’entreprise jurassienne Louis Bélet veut se diversifier

La société de Vendlincourt, connue pour ses fraises sur mesure, enregistre un chiffre d’affaires de 18 millions de francs

Située dans le petit village jurassien de Vendlincourt, à quelques kilomètres de Porrentruy, l’entreprise Louis Bélet conçoit depuis plus de soixante ans des outils de coupe de haute précision. «Nous produisons environ 500 000 outils par année et nous les commercialisons à quelque 850 clients», note Arnaud Maître dont l’entreprise connaît une progression constante des ventes grâce aussi bien à ses micro-forets et ses fraises qu’à ses outils de coupe sur mesure.

Connue pour ses fraises sur mesure qui permettent notamment de tailler les roues dentées, l’entreprise jurassienne destine essentiellement ses outils au marché horloger. «Nos outils permettent de fabriquer toutes les pièces d’une montre», précise Arnaud Maître qui dirige la société familiale depuis 2008 avec sa sœur Roxane Piquerez qui tous deux ont effectué respectivement des études en biologie et en lettres.

Madeleine Maître veille toujours

«Je suis arrivé en 2005, un peu par hasard, reconnaît Arnaud Maître. Lorsque ma mère, Madeleine Maître et ses deux frères Louis-Philippe et Marc Bélet ont songé à partir à la retraite, ma sœur et moi étions les deux derniers représentants de la famille à pouvoir reprendre l’entreprise fondée par notre grand-père, un horloger-paysan qui a fondé son entreprise à l’âge de 40 ans encouragé par ma grand-mère», rappelle Arnaud Maître.

Mais si Madeleine Maître a cédé les rênes à ses enfants, elle n’a jamais vraiment quitté l’entreprise et veille toujours sur le fleuron industriel fondé par son père, tout comme son frère Marc.

Vers une diversification

Si 70% des ventes sont réalisées grâce au secteur horloger, la société souhaite en être moins dépendante. Le secteur médical mais aussi l’aéronautique, la téléphonie, la connectique ou l’électronique s’équipent chez Louis Bélet. «Notre objectif principal consiste à nous diversifier davantage», note Arnaud Maître. Autre priorité: la société cherche à accroître sa présence à l’internationale. «Nous allons mettre l’accent sur la France, la Grande-Bretagne, l’Italie mais également les Etats-Unis et la Chine.» Louis Bélet exporte déjà ses pièces destinées notamment à l’électronique sur le marché chinois depuis une dizaine d’années.

«Les outils de coupe de Louis Bélet possèdent une énorme réactivité», assure un client de Louis Bélet. De quoi faire face à la concurrence, comme Dixi, Fraisa ou le Japonais OSG. En 2015, la PME, entièrement autofinancée, enregistrait un chiffre d’affaires de 18 millions de francs. Seule l’année 2014 s’était traduite par un léger repli du chiffre d’affaires.

Manque de place

Quant aux effectifs, ils sont en constante augmentation. En 2009, 65 personnes travaillaient pour Louis Bélet. Aujourd’hui, le groupe compte 112 collaborateurs, dont 40% de frontaliers. «Nous cherchons à fidéliser nos collaborateurs par des petites attentions, comme la distribution de glaces en été, des cadeaux à Noël, des cours de gym. Ces petits gestes, associés à l’ambiance familiale, font que les gens restent fidèles à l’entreprise», estime Arnaud Maître, dont la société soutient de nombreux clubs sportifs régionaux, sociétés locales et événements culturels.

En 1990, l’augmentation conséquente du personnel et du parc machines a nécessité l’agrandissement de la surface de production qui est passée de 90 à 300 mètres carrés. Dix ans plus tard, l’entreprise a encore doublé sa surface en la portant à 1700 mètres. Aujourd’hui, Louis Bélet manque encore de place. Et cela se ressent car les effectifs augmentent continuellement, avec en moyenne cinq engagements par an.

«Nous investissons chaque année environ 4 millions de francs dans les machines et les bâtiments», précise Arnaud Maître. L’entreprise construit elle-même une partie de ses machines, celles qui sont chargées de fabriquer des outils spéciaux, répondant à des demandes très spécifiques. «Les outils standards représentent 60% de notre production mais 40% de notre chiffre d’affaires alors que les spécialisés, eux, correspondent à 40% de notre production et représentent 60% des ventes», précise Roxane Piquerez.


Les PME familiales à l’honneur

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