Plus besoin de subir les affres d’une aérogare bondée, pour ensuite endurer les files d’attente au guichet d’enregistrement des bagages. Un robot permet à présent de décharger ses valises à l’extérieur du terminal, directement en sortant du taxi et se rendre sans attendre au contrôle de sécurité. Son nom de code: Léo. Soit le chaînon manquant entre le billet d’avion numérique et l’accès direct à son siège.

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Le prototype inventé par le groupe genevois Sita, leader mondial des systèmes informatiques destinés au transport aérien, en partenariat avec l’entreprise en démarrage issue de l’EPFL BlueBotics, est en ce moment en phase d’essai à Genève Aéroport. Une première mondiale: ces deux derniers jours, dix passagers Swiss l’ont testé avec succès. La machine sera pleinement opérationnelle mardi prochain. «Nous allons présenter fin mai cette technologie au Air Transport IT Summit de Barcelone», se félicite Stéphane Cheikh, responsable aux laboratoires Sita, situés à deux pas de Cointrin.

La fin du «check-in»?

Voici comment travaille Léo: les voyageurs, déjà munis d’une carte d’embarquement électronique, en scannent le code-barres et collent sur leur valise l’étiquette que le robot aura imprimée. Toutes les autorisations s’effectuent via Wi-Fi. Ail faut ensuite charger soi-même ses bagages. Après quoi, Léo s’occupe de tout. La machine autopropulsée, qui évite les obstacles, va déposer toute seule ses colis (64 kilos maximum) jusqu’au site de tri, afin de permettre le chargement en soute.

Si le contexte de circulation est trop dense, comme par exemple certains week-ends de janvier à Cointrin, «il faudra peut-être prévoir un circuit alternatif, un peu à l’écart des passagers», anticipe Stéphane Cheikh. Les propriétaires potentiels de Léo: les plateformes aéroportuaires et les compagnies. «Ce peut être vu comme le nouveau service, après l’instauration des lignes prioritaires d’embarquement», imagine Gilles Brentini, responsable de l’innovation à Genève Aéroport, dont l’employeur s’efforce de gérer une croissance opposée aux limites de ses infrastructures.

Portes ouvertes

Signes particuliers de Léo: il n’a pour l’instant pas de prix et il a été conçu en deux mois. Une prouesse électronique attribuable à BlueBotics. C’est aussi le premier «véritable» hardware de Sita, dont l’essentiel de l’offre est composé de logiciels. Le groupe genevois, qui emploie 4500 salariés dans le monde, organise par ailleurs une soirée portes ouvertes le 6 juin prochain, dans le cadre d’une manifestation organisée par le Groupement des entreprises multinationales.