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L’analyse de fonds de placement et d’actions est cruciale pour une place financière qui vise à assurer la performance des clients.
© Gaetan Bally / Keystone

Fonds de placement

Comment l’épargnant peut sélectionner les informations

Morningstar, créé pour amener la transparence aux fonds de placement, est en train de se réinventer et d’étendre ses informations aux actions et à la gestion de fortune

Morningstar a été créé en 1984 par Joe Mansueto, alors analyste financier dans une banque d’investissement, pour apporter la transparence aux épargnants. Aux Etats-Unis, la loi sur la prévoyance venait d’être votée, mais sans aider l’épargnant à s’informer et à choisir les investissements utiles pour ses objectifs de retraite. Son premier produit a donc été un guide des fonds de placement. «A l’heure du big data et de l’intelligence artificielle, notre but est identique: nous aidons l’épargnant à atteindre ses objectifs financiers», déclare Christian Mesenholl, responsable de Morningstar en Suisse et au Benelux.

Dans l’opinion publique, Morningstar est toujours perçu comme un fournisseur de données sur les fonds de placement et un comparateur qui décerne des ratings sous forme d’étoiles. Ce service, basé sur la performance passée, n’est qu’un «fondement sur lequel nous avons beaucoup construit», commente Christian Mesenholl.

L’objectif de transparence

Les sites internet de la société participent à ce souci d’informer et d’analyser, gratuit au demeurant. Les comparaisons quantitatives, avec leur analyse du passé des produits, montrent une persistance des mauvais fonds (1 étoile) à le rester. Ces ratings ne sont néanmoins pas de bons indicateurs pour la performance future des meilleurs fonds (5 étoiles). C’est pourquoi Morningstar a développé des ratings sous forme de médaille (or, argent, bronze, neutre et négatif) et sur la base d’une analyse qualitative conduite par des analystes qualifiés. Les analyses qualitatives de fonds, également disponibles gratuitement, répondent aussi aux vœux du fondateur et du marché d’accroître la transparence aux investisseurs.

La recherche qualitative est très structurée. Elle est basée sur ce que Morningstar appelle les cinq «P»: «Parent» (société), «People» (équipe/gérant), «Process» (processus d’investissement), «Performance», «Price» (coût). La plupart des grandes banques procèdent de même, mais donnent certainement moins de points aux piliers «Parent» et «Price». «Parent» reflète la culture de l’entreprise et les incitations de performance à long terme ainsi que l’alignement des intérêts du gérant avec l’investisseur. Pour «Price», l’analyse touche aux frais payés par l’investisseur final. Les fonds les moins chers présentent en général un rendement supérieur, selon Julien Roueche.

L’atout de l’indépendance

Morningstar souligne son indépendance à l’égard des fournisseurs de produits financiers pour analyser objectivement l’énorme quantité de données financières. Elle analyse non seulement les fonds, mais offre aussi des services de recherche sur les actions et les obligations d’entreprise ainsi que la gestion de portefeuille depuis son rachat d’Ibbotson aux Etats-Unis.

L’expansion en dehors des fonds a alimenté la marche des affaires des deux dernières années, observe Christian Mesenholl. En Suisse, la vente de flux de données sur les fonds de placement ainsi que les licences de Morningstar Direct (logiciel d’analyse pour les sélectionneurs de fonds) représentent toujours la majorité des revenus. Le reste provient principalement de la recherche en actions pour les banques qui la redistribuent comme recherche indépendante ou produit en marque blanche. Cette dernière source de revenu est un marché de forte croissance sous l’effet notamment de la directive MiFID 2 et de la loi suisse sur les services financiers (LSFin).

Morningstar profite donc d’un environnement réglementaire en transformation. Pour une gestion efficace, les banques sortent d’une gestion rémunérée par le courtage vers un système basé sur le conseil (advisory). Les banques de gestion de fortune, de taille petite ou moyenne, sont incitées à acheter à des partenaires les informations sur les investissements en actions. Les gérants d’actifs, eux non plus, ne peuvent plus profiter d’une recherche abondante et gratuite (pour être précis, subventionnée par les frais de courtage), puisque l’heure est à la dissociation des coûts (unbundling). Les gérants sont donc de plus en plus sélectifs dans l’achat de services de recherche.

Trois facteurs de croissance

Dans ce nouveau monde, la concurrence entre les brokers est féroce, qui proposent leur recherche à des prix d’appel afin de garder leurs clients. Ces baisses de revenus se répercutent tant sur le nombre d’analystes financiers (à la baisse depuis une décennie déjà) que sur la couverture de petites sociétés. Morningstar gagne des parts de marché dans cet environnement post-MiFID où l’indépendance des prestataires commence à être valorisée, particulièrement auprès des banques de gestion de fortune qui n’ont pas d’analystes in-house.

Morningstar compte ainsi sur trois moteurs de croissance: la réglementation, en offrant la conformité à MiFID aux gérants d’actifs; la transformation du service bancaire vers le conseil (advisory); et le besoin de maîtrise durable des coûts. Avant la crise de 2007, la marge globale sur les actifs gérés était de 33 points de base. En 2016 elle est tombée à 22 points de base en raison principalement de la réduction des revenus. Les banques procèdent à de vastes programmes d’économies et délèguent les services pour lesquels il n’apporte pas de plus-value à des partenaires.

Une banque privée a besoin de données financières, d’instruments financiers, une gestion de portefeuille moderne, divers spécialistes (IT, juridiques), un conseil financier de valeur et les relations avec les clients. Comment se distinguer? Sans doute pas par l’analyse financière sur les actions ou les fonds de placement, note Morningstar. Le conseil reste la clé de son offre, mais le reste peut être délégué.

Une belle carte à jouer

Avec 125 analystes de fonds, 110 analystes en actions, Morningstar a une belle carte à jouer. Dans les fonds de placement, les principaux concurrents suisses sont Fundinfo et quelques plus petits acteurs. D’autant que ses ratings de fonds ne sont pas l’objet d’un mandat d’une banque, mais le fruit de l’initiative de ses propres chercheurs, ce qui offre une garantie d’objectivité, selon Christian Mesenholl. Le financement est assuré par les revenus obtenus de la vente de médailles (or, argent, bronze) que le fonds peut inscrire sur ses fiches d’information Il en va de même des étoiles Morningstar et des ratings de durabilité.

«Les data ne sont que le carburant du processus d’analyse», note Christian Mesenholl. Morningstar est bien positionné dans les fonds avec ses quelque 6000 points de données qui touchent à la performance, au risque, au coût du fonds ou encore à la composition du portefeuille. Grâce à l’intelligence artificielle, sa couverture de 1000 fonds (en Europe) et 1500 actions globales peuvent être étendues à 38 000 fonds et 58 000 actions.

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