Produit d'épargne le plus basique, l'obligation de caisse redevient un placement qui tient la route pour les clients des banques suisses. Depuis quelques semaines, les instituts financiers ont augmenté les uns après les autres les rendements qu'ils servent sur ces instruments. Sans atteindre les sommets du début des années 1990, les taux proposés culminent à des niveaux plus vus depuis 2002 pour les bons à huit ans.

Bien mieux que l'épargne

Concrètement, les obligations de caisses à deux ans donnent par exemple des rendements qui vont actuellement jusqu'à 2,875% dans certaines banques. C'est plus que l'inflation (2,3% en avril sur un an). Et mieux que le taux minimum servi sur les avoirs du deuxième pilier, qui a été fixé à 2,75% cette année!

Une obligation de caisse à 10 ans peut rapporter jusqu'à 3,375%. A titre de comparaison, les comptes d'épargne, sur lesquels étaient «parqués» près de 333 milliards de francs à la fin 2006 (selon les statistiques de la Banque nationale suisse), ne servent en général qu'entre 0,75 et 1,25%. A noter enfin qu'il y a quatre ans, lorsque les taux étaient à leur plancher, les bons à huit ans ne rendaient que du 2,25%.

Placement de père de famille par excellence, l'obligation de caisse «est sans risque et destinée aux personnes qui craignent les marchés financiers», commente Rolf Biland, responsable des investissements chez VZ VermögensZentrum à Zurich. «Mais attention, ce produit n'est pas un investissement, c'est de l'épargne bloquée. Le détenteur ne peut pas la vendre et doit attendre l'échéance pour retrouver son capital», rappelle-t-il. Il recommande par conséquent de privilégier des obligations de la Confédération, dont le rendement est légèrement moindre, mais qui peuvent être revendues.

Viser de courtes échéances

Malgré sa rigidité, «on constate un regain d'intérêt pour ce type de placement», indique Jean-Paul Darbellay, porte-parole de Credit Suisse. Rolf Biland recommande à ceux qui misent sur ces produits de se positionner sur de courtes échéances, soit trois à quatre ans maximum.

«L'évolution des taux est actuellement très difficile à prévoir», argumente-t-il. S'ils devaient monter fortement, un placement long se révélerait peu intéressant. Pour l'heure, les conjoncturistes s'attendent toutefois plutôt à ce que les taux se détendent. Si la récession américaine enraie la croissance mondiale, la BNS pourrait ainsi être amenée à assouplir sa politique monétaire.