Des bâtiments pour attirer les grandes entreprises. Jeudi, l’EPFL a inauguré le chantier de son futur «quartier de l’innovation», situé vers le parc scientifique (PSE), qui accueille les start-up. A un jet de pierre du Learning Center, lui aussi en construction, la nouvelle zone comprendra à terme, huit bâtisses, dont deux, plus amples que les autres, destinées à des laboratoires de biotechnologie. Pour l’heure, les dirigeants de l’EPFL restent peu bavards sur les entreprises qu’ils comptent séduire grâce à cette nouvelle installation. Seule Logitech, déjà présente sur le campus par un incubateur, s’est engagée formellement à ce stade, manière de profiter «du caractère unique de l’EPFL, à la fois suffisamment grande et assez petite», relève le patron et cofondateur de la compagnie de périphériques, Daniel Borel. Alcan et Nokia, elles aussi déjà hôtes du Poly, devraient suivre.

La première étape de cette zone de l’innovation sera prête pour la rentrée 2010, elle comprendra cinq bâtiments, dont un pour le PSE et un pour les sciences du vivant. Les constructions dédiées à des bureaux ou des ateliers s’élèveront sur quatre niveaux pour 4400 m2 de surface brute au plancher.

Selon Adrienne Corboud Fumagalli, vice-présidente à l’innovation et la valorisation, faire bâtir ces locaux pour des grandes entreprises permettra d’œuvre avec elles sur le long terme, plutôt que les mandats de recherche au coup par coup qui constituent, aujourd’hui, la norme. «Nous voulons que notre écosystème s’enrichisse au contact des géants de l’industrie», indique-t-elle.

La totalité du programme représente un investissement de quelque 140 millions de francs. Comme pour d’autres pans du campus en cours d’édification – hôtel, logements pour étudiants, bientôt un centre de congrès –, l’Ecole, c’est-à-dire la Confédération, n’injecte pour ainsi dire pas d’argent directement. L’Etat fédéral octroie les terrains au futur exploitant de la zone, le fonds Global real Estate d’UBS. Naguère chargée du bâtiment des communications de l’EPFL, HRS Real Estate joue le rôle d’entreprise globale.

Pour le canton hôte, la conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro se dit «impressionnée par les chantiers» qui repoussent, ces temps, les limites de l’Ecole, un «fleuron du canton». Lorsque l’ensemble du programme sera achevé, à la rentrée 2011, le quartier de l’innovation, y compris le PSE, devrait accueillir 1500 employés.