L'hebdomadaire SonntagsZeitung s'inquiète, dans sa dernière édition, des difficultés financières rencontrées par la société vaudoise LeShop qui connaîtrait des problèmes de liquidités. Alain Nicod, président et fondateur de l'entreprise, ainsi que Christian Wanner s'expliquent.

Le Temps: Les médias ont fait état d'une croissance moins importante que prévu de vos activités, quel commentaire faites-vous à ces évaluations?

Christian Wanner: Notre chiffre d'affaires reste pour l'heure confidentiel. Je peux simplement vous dire que ce dernier a fortement progressé entre décembre et janvier (+44%). Cela atteste de notre activité. De plus, nous pouvons compter aujourd'hui sur 14 000 clients dont 6000 réguliers répartis entre la Suisse romande et la Suisse alémanique.

– On a relevé d'autre part, de façon alarmante, un fort besoin de liquidités?

Alain Nicod: Il est indéniable qu'à notre stade de développement, nous avons un besoin de trésorerie. La mise en Bourse (IPO) semble un processus difficile au vu de la sinistrose qui règne chez les investisseurs pour tout ce qui touche de près ou de loin à Internet. Dans cette perspective, je ne démens pas des contacts établis avec Bon Appétit (la société possède déjà 30% du capital de LeShop, n.d.l.r.). Ces fonds doivent servir à élargir notre clientèle, perfectionner notre savoir-faire et amortir nos pertes opérationnelles. En résumé, cette augmentation de capital permettra à LeShop de grandir.

– Au vu de l'expérience acquise depuis mai 1998, estimez-vous que le concept de distribution alimentaire en ligne à toujours un avenir?

C. W.: Nous sommes dans un business où rien n'est pardonné. La fiabilité de notre service et la qualité de nos produits sont essentielles. Dans cette optique, nous sommes appelés à gérer notre croissance (ouverture d'un centre d'approvisionnement à Villmergen en Argovie en mai dernier) tout en continuant à satisfaire aux exigences de fiabilité et de qualité.

Nous devons également continuer à œuvrer pour un réel changement des habitudes d'achat chez les consommateurs. Le marché suisse de la consommation représente 40 milliards de francs, il y a dans ce domaine un avenir pour LeShop.