Après six séances consécutives de baisse, les marchés boursiers européens ont commencé la semaine dans le vert. Seules Madrid et Milan ont bu la tasse, mais leur recul s’est limité à respectivement – 0,6% et – 0,28%. Le G8 n’a pas produit de résultat concret. Cependant, son engagement à soutenir la confiance a remis du baume au cœur des investisseurs, soulignaient lundi plusieurs cambistes.

Après la Grèce, les craintes se portent sur l’Espagne, en raison de la détérioration de sa conjoncture et de la situation de ses banques, qui croulent sous les immobiliers risqués. Lundi, Madrid a annoncé que le produit intérieur brut devrait de nouveau se contracter de 0,3% au 2e trimestre.

Les créances douteuses des banques espagnoles – principalement des crédits immobiliers risquant de ne pas être remboursés – devraient encore augmenter dans les prochains mois, a estimé lundi l’agence Fitch. Le taux de créances douteuses, indice de la vulnérabilité des banques, est en constante progression depuis plusieurs mois: en mars, il a atteint un nouveau record depuis 1994, à 147,968 milliards d’euros, soit 8,37% du total des créances, selon les chiffres de la Banque d’Espagne. «Ce taux pourrait encore augmenter», écrit l’agence de notation, notamment parce que l’Etat a dû voler au secours de la quatrième banque cotée du pays, Bankia, en la nationalisant partiellement.

La BCE n’a qu’un «plan A»

En réaction, le ministre espagnol de l’Economie a affirmé n’avoir besoin d’«aucun type d’aide extérieure» pour assainir son secteur bancaire. Madrid a en outre confié aux cabinets de consultants Roland Berger et Oliver Wyman un audit sur ses banques. Le gouvernement espagnol espère «dissiper définitivement les doutes» sur la fiabilité du secteur.

Hier encore, les investisseurs ont peut-être aussi été encouragés par les propos de Wolfgang Schäuble et Pierre Moscovici. Les ministres des Finances allemand et français se sont rencontrés hier pour la première fois. Ils ont déclaré qu’il «fallait tout faire pour garder la Grèce dans l’Union» monétaire. Les élections qui se tiendront dans le pays le 17 juin, parce qu’aucun gouvernement de coalition n’a émergé après celles du 6 mai, font redouter une contagion à d’autres pays en cas de crise politique.

Pour sa part, la Banque centrale européenne (BCE) a fait savoir par l’allemand Jörg Asmussen, l’un de ses directeurs, que son «plan A» est le maintien de la Grèce dans la zone euro et que l’institution ne travaille qu’à celui-ci.

Les investisseurs attendent désormais la réunion au sommet, mercredi soir, des dirigeants de l’Union européenne.