Aucun plan de sauvetage n’est «sur la table» pour venir en aide à l’Espagne, l’Italie et Chypre, trois pays de la zone euro sous la pression croissante des marchés et des agences de notation, a affirmé mardi la Commission européenne.

«La question d’un sauvetage n’est certainement pas sur la table, ce n’est pas une question qui est discutée», a soutenu la porte- parole du commissaire aux Services financiers, Chantal Hugues, en réponse à des questions sur l’Espagne et l’Italie lors d’un point- presse.

«Ce qui est important, c’est que les autorités prennent les mesures nécessaires en matière de consolidation fiscale. Nous sommes confiants» sur ce point, a-t-elle ajouté, estimant que la situation n’a pas «changé dans les derniers jours», ni à Madrid, ni à Rome.

Taux au plus haut

Les taux des obligations espagnoles et italiennes à 10 ans ont atteint mardi de nouveaux plus hauts depuis la création de la zone euro, les investisseurs craignant que le problème de la dette en zone euro n’empire à cause d’un ralentissement de la croissance économique.

Face à cette situation, le comité de stabilité financière italien, composé des plus hautes autorités économiques du pays, devait se réunir mardi après-midi. En Espagne, le Premier ministre Zapatero a fait savoir mardi qu’il retardait ses vacances pour surveiller la situation économique.

«Nous regardons les développements sur les marchés mais ils se font leur propre avis», a estimé la porte-parole de la Commission européenne.

Chypre

Interrogée sur la situation de Chypre, qui a vu sa note abaissée consécutivement par Standard & Poor’s et Moody’s, elle a également affirmé qu’il n’était «pas question d’un plan d’aide», car le pays est «déterminé à faire le nécessaire en matière de consolidation fiscale».

Lundi, la plus grande banque commerciale de Chypre, Bank of Cyprus, avait appelé le gouvernement de Nicosie à prendre rapidement des mesures pour éviter de demander à Bruxelles un plan de sauvetage financier.

Après le sommet européen du 21 juillet, les marchés avaient soufflé mais l’accalmie a été de courte durée.

Les pays de la zone euro se sont certes mis d’accord sur un deuxième sauvetage de la Grèce d’un montant d’environ 160 milliards d’euros et ont défini des mécanismes pour venir en aide aux autres pays en difficulté, mais de nombreuses zones d’ombres subsistent, ce qui inquiète les marchés.