Dans un livre récent* sur la crise de la dette allemande et l’accession au pouvoir des nazis, Tobias Straumann conclut son exposé sur un constat que l’on peut traduire ainsi: «C’est seulement lorsque les électorats domestiques sont prêts à accepter une perte de souveraineté au profit d’une collaboration transfrontalière que les institutions et les accords internationaux ont une chance de fonctionner et de résister au test du temps.» Cette conclusion est intéressante dans le cadre de la montée des populismes depuis plus de cinq ans, puisqu’elle pourrait expliquer l’effondrement du soutien à la coopération et/ou de la globalisation.

Qu’en déduire pour l’avenir? Est-il imaginable que l’on assiste à une relance des processus coopératifs dans le contexte actuel, au regard des votes populaires récents? En d’autres termes, les volontés de certains de se battre contre la tentation du repli sont-elles vouées à l’échec?