Le président et délégué du conseil d'administration de SAirGroup, Mario Corti était convié, lundi soir, par le syndicat SSP/VPOD (section du trafic aérien Genève) à répondre aux questions des employés. Mais il s'est excusé par lettre, en affirmant «qu'il s'engageait à venir une autre fois, tout en priant les employés d'avoir un peu de patience». Une centaine de personnes étaient malgré tout présentes, même si PUSH (Personal Union SAir Holding), une autre organisation syndicale, avait lancé un contre-ordre auprès de ses membres, les avertissant de l'absence programmée du grand patron.

Avant le début de la réunion au Centre des Congrès de Palexpo, les employés ne mâchaient pas leurs mots: «Les rats ont fui le navire.» Tous se disent las de la confusion qui règne dans leur entreprise. Lors de la séance, les représentants du syndicat ont soumis leur projet de résolution. Ce dernier condamne notamment la démission en bloc du conseil d'administration de SAirGroup, proteste contre les indemnités de départ accordées à Eric Honegger et mandate le syndicat SSP/VPOD pour examiner la possibilité de déposer une plainte contre les membres du conseil d'administration.

Depuis qu'il a pris le pouvoir, Mario Corti n'a accordé des interviews qu'à la télévision. Depuis, silence radio. Mais il a adressé une lettre – en français – à tous les employés de Suisse romande, en leur assurant «sa volonté de redonner à la marque et à la référence Swissair son solide encrage à l'intérieur et à l'extérieur de l'entreprise». Il affirme en outre que, même s'il «a besoin de temps pour réfléchir tranquillement…, sa porte sera toujours ouverte». Reste que si Mario Corti motive ses troupes, il les avertit aussi que «dès maintenant, nul n'est plus habilité à faire aucune déclaration publique sur la situation, les perspectives et les projets du groupe Swissair sans l'autorisation de la directrice de la communication […]. En cas d'infraction à cette règle, les fautifs devront en subir les conséquences».