Les bénéfices des banques privées suisses pourraient chuter de 30% en 2002, selon Patrick Odier, associé à la banque Lombard Odier Darier Hentsch & Cie (LODH). Selon l'associé, une reprise des marchés financiers pourrait prendre 12 mois à se concrétiser, affectant encore les bénéfices. «Le bénéfice généré sur la gestion de patrimoine est en effet fortement lié à la performance des marchés financiers», a déclaré Patrick Odier dans une interview à Bloomberg, ajoutant que, «comme les marchés restent volatils, les bénéfices reculeront d'au moins 30% cette année». L'associé n'attend pas d'amélioration majeure des marges dans le private banking en 2003. Mais il précise que les marges resteront supérieures à la banque de détail. «La clientèle du private banking est prête à payer pour des services de haute qualité, explique Patrick Odier. Cela nous confère probablement une meilleure protection contre la volatilité de l'environnement: nous restons les mieux positionnés en termes de potentiel de rentabilité.» Les résultats des services vers lesquels la banque privée réoriente quelques ressources devraient être meilleurs, estime l'associé. Des services tels que bancassurance, conseil patrimonial, private equity et corporate finance permettent de compenser les pertes dans la gestion de patrimoine chez les banques privées traditionnelles. LODH, à l'instar d'autres banques privées, a dû licencier des collaborateurs avec la détérioration des conditions économiques. «Près de la moitié des 300 licenciements que nous avons annoncés en Suisse en août a été réalisée», a souligné Patrick Odier. «Nous nous sommes fixé une date butoir à juin 2004 pour achever notre redimensionnement. Si nous pouvons le faire plus tôt, nous le ferons.» LODH réduit 15% de ses effectifs suite à la fusion en juillet entre Lombard Odier & Cie et Darier Hentsch & Cie.