«Lorsque l'on a perdu confiance dans les autorités monétaires, recourir à l'or comme étalon de valeur du système monétaire me paraît tout à fait raisonnable. J'en étais d'ailleurs un fervent défenseur dans les années 70.» Ces propos, tenus la semaine dernière par l'économiste Arthur Laffer, confortent à leur manière ceux de Pierre Leconte. Ce dernier, qui ôte tout crédit aux banques centrales et aux gouvernements en matière de politique économique, vient de livrer dans un ouvrage* un véritable plaidoyer pour «une réforme radicale du système monétaire international». Avec un seul credo: rétablir l'étalon or.

Ancien conseiller financier, membre du Marché à terme de Londres (LIFFE) et de la Bourse de New York, Pierre Leconte dénonce avec véhémence les dysfonctionnements actuels du système financier. Les temps difficiles que connaissent actuellement tant les Bourses que l'économie réelle donnent un certain crédit à cette proposition iconoclaste. Un étalon or, auquel seraient rattachées les autres monnaies, introduirait une discipline monétaire mondiale permettant selon lui «une croissance économique mondiale stable.» Les Etats-Unis ne pourraient alors plus imposer au reste du monde leur politique monétaire.

Hélas, à mesure que l'auteur développe son argumentation, il se disperse et perd en force de persuasion. Il tire à boulets rouges sur les Etats-Unis et leur puissance économique, les 35 heures, les grandes institutions internationales ou encore les organisations non gouvernementales. En outre, alors que les expériences passées d'un tel système ont toutes échoué, il n'indique pas comment une mise en place durable peut être réalisée. Enfin, son appel à une réaction, gaullienne, de la France ne peut qu'isoler l'auteur dans sa démarche.

«La tragédie monétaire», 2002, Edition François-Xavier de Guibert.