«Le 2 avril 2001 marquera le début, pour la Banque Cantonale de Saint-Gall, d'une nouvelle ère en tant que compagnie publique», a déclaré Gerhard E. Meyer, patron de la banque, lors d'une conférence de presse mardi. La privatisation partielle de la banque et son entrée en Bourse se concrétisent enfin après quatre années d'efforts. Son actionnaire majoritaire, le canton, cédera 33% de son capital dans l'établissement, soit 1,65 million d'actions nominatives. Le délai de souscription s'étendra du 19 au 30 mars.

«Une grande partie des actions ira aux mains des particuliers», a déclaré Urs Rüegsegger, responsable du centre de services de la banque, sans pour autant préciser la proportion. Environ 1% devrait revenir au management et aux employés de la banque. Le canton se réserve également la possibilité d'émettre 250 000 actions supplémentaires dans le cadre de l'option greenshoe, soit une tranche de capital de 5%. Quant au management, il dispose d'un capital conditionnel de 85 millions de francs, utilisable notamment pour de futures acquisitions. «Je ne serais pas surpris s'il exerçait ce droit d'ici un ou deux ans», a déclaré un spécialiste de la question.

Renforcement dans la banque privée

Les responsables de la banque excluent l'idée d'une privatisation totale avant un an au moins, dans le meilleur des cas. «Une privatisation impliquerait un changement de la loi saint-galloise sur les banques cantonales», explique notre interlocuteur, qui n'a pas tenu à être cité. Or, cette loi est à la traîne par rapport à la loi nationale. «La loi suisse sur les banques cantonales requiert que le canton détienne au minimum 33%. Mais lors du dernier vote dans le canton de Saint-Gall, cette proportion à été ramenée à 51%. Il faudrait donc un nouveau vote pour descendre la quote-part minimale du canton à 33%.» Ce qui ne se fera pas de si tôt. «La banque doit tout d'abord voir comment se déroule son entrée en Bourse, ainsi que son renforcement dans les activités de banque privée, pense notre interlocuteur. Une privatisation totale ne fait pas encore partie de son agenda.»

En effet, l'établissement a également annoncé la séparation de ses activités de banque privée en une entité indépendante. Le groupe veut se repositionner dans ce secteur et renforcer sa marque. «Avec la gestion des avoirs, la banque privée reste une des dernières activités lucratives pour les banques», affirme ce même expert. Selon ce dernier, les salaires dans la banque privée devraient connaître le même engouement que ceux dans la banque d'affaires il y a encore peu de temps. C'est d'ailleurs là que le bât blesse. La Banque Cantonale de Saint-Gall a annoncé une augmentation plus forte que d'habitude de ses coûts au cours des deux prochaines années. L'établissement compte accroître ses effectifs dans la banque privée de 100 à 125 personnes.

Le groupe a annoncé de bons résultats pour l'année 2000, avec une hausse de près de 15% du revenu des commissions et des prestations de service. La somme du bilan est restée stable à 16,9 milliards de francs (+0,3%).