automobile

L’Etat français se met au chevet de la banque de PSA

En échange d’une garantie publique pour soutenir sa filiale bancaire, le constructeur automobile renonce à verser des dividendes à ses actionnaires. A la bourse, le titre plonge

D’abord annoncée par le premier ministre sur France Inter, l’annonce a été confirmée peu après par Bercy: l’Etat français vole au secours de la banque de PSA, qui assure notamment des prestations de crédit aux acheteurs de voitures. Comme le groupe lui-même, la filiale bancaire du constructeur automobile, Banque PSA Finance (BPF), est en mauvaise posture; son chiffre d’affaires a reculé de 4,5% au troisième trimestre. Afin de «sécuriser le plan de financement» de la banque durant le plan de restructuration engagé par Peugeot Citroën, l’Etat interviendra en octroyant une garantie sur des émissions obligataires de BPF à «hauteur d’un montant maximal de 7 milliards d’euros d’ici à fin 2015».

Confronté à la baisse des ventes en Europe, le constructeur avait annoncé en juillet der­nier un plan de restructuration comprenant la suppression de 8000 postes en France et la fermeture du site d’Aulnay. Alors que le plan social est toujours en discussion, le gouvernement n’entend pas faire de «cadeau» à PSA, a expliqué Jean-Marc Ayrault. Des contreparties «substantielles» ont donc été négociées en échange de la garantie d’Etat. Le constructeur renonce au versement de tout dividende ou à des rachats d’actions durant trois ans. Un comité de suivi de la garantie sera mis en place, il comprendra des représentants de l’Etat. Un administrateur indépendant, nommé «en lien étroit avec l’Etat», entrera au conseil de surveillance, de même qu’un représentant des salariés. Mais le gouvernement n’a rien obtenu sur l’ampleur de la restructuration.

Ces informations ont fait plonger le titre de PSA à la bourse, hier matin. Vers 10 heures, il a atteint son plus bas niveau depuis 1986, décrochant de 6,47%, à 5,44 euros.

Les nouvelles plus positives n’y ont rien changé. Sur ce plan-là, PSA a confirmé l’affectation d’un nouveau véhicule au site de Rennes. La remplaçante de la Citroën C5 continuera à être fabriquée sur cette chaîne de production. L’usine emploie 5600 personnes, elle est très touchée par la restructuration qui devrait conduire à la suppression de 1400 emplois.

Par ailleurs, l’alliance conclue en février avec l’américain General Motors, qui commercialise notamment les véhicules Opel, développe ses premiers fruits. Quatre axes de coopération ont été retenus pour produire des véhicules en commun. Il s’agit notamment de construire un monospace compact de marque Opel/Vauxhall, appelé à remplacer l’Opel Zafira et le C4 Picasso, ainsi qu’un petit 4x4 de marque Peugeot. D’autres monospaces de petite taille (de type C3 Picasso) pour les marques Opel/Vauxhall et Citroën seront également ­coproduits. Un des axes de coopé­ration permettra également de développer des véhicules du segment haut de gamme pour les quatre marques des deux groupes. Enfin, une «plateforme modernisée pour le segment des petites voitures à faibles émissions de CO2» destinée à la nouvelle génération de véhicules sera mise en place.

Pour 2012, le groupe PSA s’attend à un marché automobile en baisse de 9% en Europe, à une croissance de l’ordre de 7% du marché chinois, de 5% environ en Amérique Latine et de 11% en Russie, selon un communiqué publié hier. D’un montant de 12,9 milliards d’euros, le chiffre d’affaires du troisième trimestre chute de 3,9%, tandis que celui de la division automobile recule de 8,5% par rapport au troisième trimestre 2011. Les raisons restent les mêmes: un «environnement concurrentiel plus difficile» caractérisé par une «pression renforcée sur les prix et la poursuite de la dégradation des marchés en Europe du Sud». Selon le constructeur, les marchés automobiles européens ont connu au troisième trimestre un repli de 9,4%.

Le gouvernement n’a rien obtenu sur l’ampleur de la restructuration

Publicité