En résumé

  • Un attentat a visé mardi en fin après-midi un bus de la sécurité présidentielle stationné dans le centre-ville de Tunis
  • Il y aurait 13 morts et 20 blessés, selon la présidence de la République tunisienne qui parle d'«attentat»
  • Le gouvernement tunisien a décrété l’état d’urgence dans tout le pays et un couvre-feu à Tunis
  • C’est la troisième attaque terroriste en 2015 en Tunisie, après les tueries de Sousse (38 morts) et du musée du Bardo (22 morts)

Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué, dans un communiqué diffusé mercredi sur des comptes djihadistes, l’attentat qui a frappé la veille un bus de la sécurité présidentielle en plein cœur de Tunis. L’auteur de l’attaque est un Tunisien, identifié comme «Abou Abdallah al-Tounissi». Muni d’une ceinture d’explosifs, il s’est introduit dans le véhicule et «s’est fait exploser», selon ce texte.

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a proclamé mardi soir l’état d’urgence en Tunisie et un couvre-feu dans le Grand Tunis après l’attentat contre un bus de la sécurité présidentielle qui a fait au moins 13 morts et 20 blessés. Ces mesures d’exception auront cours pendant trente jours.

Elles permettent aux autorités d’interdire les grèves et les réunions «de nature à provoquer ou entretenir le désordre», de fermer provisoirement «salles de spectacle et débits de boissons» ainsi que de «prendre toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature».

Le gouvernement réagit suite à l’attentat qui a visé mardi en fin après-midi un bus de la sécurité présidentielle stationné dans le centre-ville de Tunis, selon l’AFP. L’explosion se serait produite selon l’hebdomadaire Jeune Afrique près de l’ancien siège du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), parti de l’ex-président Ben Ali.

«L’explosion d’un bus de la garde présidentielle avenue Mohamed-V a fait des morts et des blessés parmi les agents», a indiqué un responsable du Ministère de l’intérieur. Le porte-parole de la présidence Moez Sinaoui a déclaré qu’il s’agissait d’un «attentat».

Une journaliste de l’AFP a pu voir un bus en partie calciné près de l’avenue Mohamed-V, à proximité d’un croisement qui a été bouclé. De nombreuses ambulances, les pompiers et les forces de l’ordre se trouvaient sur place, d’après la même source. Plusieurs personnes étaient en pleurs.

En 2015, la Tunisie avait déjà été la cible de deux attaques terroristes, revendiquées toutes les deux par l’Etat islamique. Le 18 mars, 21 touristes et un policier tunisien avaient été assassinés au musée national du Bardo à Tunis. Le 26 juin 2015, un tireur avait abattu 38 étrangers à Sousse. La Tunisie avait alors également décrété l’état d’urgence dans tout le pays. La mesure avait été levée seulement début octobre.