Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
La Ville de Zug teste une identité digitale.
© ALEXANDRA WEY/KEYSTONE

Eclairage

«L’Etat doit s’inspirer des acteurs d’e-commerce»

Chef du Service de l’informatique et des télécommunications (SITel) du canton de Fribourg, Michel Demierre estime que le défi principal du 4.0 est de gagner la confiance des citoyens

Au printemps 2017, Michel Demierre quittait son poste de directeur des systèmes d’information de TAG Heuer, société horlogère du groupe LVMH, pour prendre la tête du SITel, avec pour mission d’accompagner la révolution numérique du canton de Fribourg.

Lire aussi: Le virage numérique suisse est menacé

Le Temps: La révolution 4.0 est aujourd’hui une priorité du Conseil d’Etat fribourgeois. Derrière le discours politique, qu’est-ce que cela change?

Michel Demierre: Inscrire la numérisation dans le programme de législature a eu un effet fédérateur. On le sent. Ces derniers mois, la dynamique a complètement changé. La réorganisation du SITel, mise en œuvre en janvier dernier, a été profonde. En peu de temps, le service a quitté le domaine de l’informatique traditionnelle, c’est-à-dire les activités de centre de calculs, serveur et hébergement, pour devenir un prestataire de services.

Quel est l’enjeu de cette révolution numérique pour une administration cantonale?

Une administration ne peut pas vivre déconnectée de la vie de la population. A une époque où l’on réserve une chambre d’hôtel à l’autre bout du monde au milieu de la nuit depuis son lit, pourquoi faudrait-il encore devoir prendre congé une matinée pour aller annoncer son déménagement à un guichet? Mais cela implique de repenser l’administration, de repenser l’Etat.

Repenser l’administration, qu’entendez-vous?

Au canton, la plupart du travail effectué, c’est, comme son nom l’indique, de l’administration, de la gestion documentaire, de la délivrance d’autorisation, etc. Ce sont des domaines où la digitalisation et l’automatisation peuvent apporter beaucoup. Mais, avec le 4.0, il ne s’agit pas juste de reproduire informatiquement les prestations qui se font aujourd’hui. Il faut apprendre à servir l’économie et les habitants différemment, notamment 24/24 et 7/7. L’Etat doit s’inspirer de ceux qui ont montré la voie, soit les acteurs d’e-commerce.

A une époque où l’on réserve une chambre d’hôtel au milieu de la nuit depuis son lit, pourquoi faudrait-il encore devoir prendre congé une matinée pour aller annoncer son déménagement à un guichet?

Reste néanmoins la question de la protection des données, délicate quand il s’agit de celles des citoyens.

Aujourd’hui nous menons une grande réflexion sur l’utilisation de l’informatique en nuage (cloud computing), qui peut nous offrir les instruments nécessaires à la sécurisation des données. Mais le cadre légal est complexe, dépassé par une technologie qui évolue toujours plus rapidement. La loi fribourgeoise sur la protection des données date de 1994, soit avant internet. Le défi le plus important est d’amener la confiance des citoyens dans ces outils numériques.

Fribourg reste un petit canton. N’est ce pas un handicap pour mener à bien de telles évolutions?

Au contraire. La taille du canton est une vraie force. Il est certes petit, mais dans le numérique, c’est un avantage. On est plus agile, plus rapide que dans une plus grande entité où il peut y avoir des blocages et des inerties. La proximité avec les responsables politiques nous offre une grande réactivité, donc une certaine efficacité.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)