Plus de 4% de la population suisse vit dans la pauvreté malgré les aides sociales. Sans elles, plus de 7% des ménages seraient pauvres. Comment améliorer le système social, à l'heure où le nombre d'assistés sociaux (300 000) dépasse le nombre de chômeurs (149 000) ou de bénéficiaires de rentes d'invalidité (283 000)? Dix millions de francs ont été versés durant quatre ans à plus de cent chercheurs, regroupés au sein du PNR 45, pour répondre à cette question.

La synthèse de ces travaux, portant sur 35 recherches éclectiques, a été présentée jeudi à Berne. Le constat est déjà connu: les personnes les plus fragilisées disposent d'un faible niveau de formation professionnelle, sont des chômeurs de plus de 50 ans, ou vivent dans une famille monoparentale.

«Incitation au travail»

Les auteurs se sont plongés dans le morcellement fédéraliste de l'aide. Une étude relève la générosité inefficace des mesures de réinsertion professionnelle à Genève pour les chômeurs en fin de droit. Une autre préconise une «incitation au travail» par le versement de 500 francs par mois à toute personne travaillant au moins 30 heures par semaine. Coût de l'opération: le remplacement de l'impôt fédéral direct par un impôt de 14,6%. Le taux de pauvreté baisserait à 1,4%. Une autre idée consiste à aider les familles par trois piliers coûtant 1,3 milliard de francs par an, ce qui ramènerait le taux de pauvreté à 1,9%.

Mais le fond du problème semble être ailleurs. «Le tissu des entreprises suisses a fondamentalement changé. Elles délocalisent et n'offrent plus assez de travail peu qualifié», note Alain Glauser, directeur du Centre genevois d'intégration professionnelle. L'institution a ainsi mis sur pied des formations intermédiaires, par exemple d'horloger sans certificat de capacité. «Cette filière, financée par l'assurance invalidité, offre un taux de réinsertion de 100%», constate le directeur.