sanctions

L’étau se resserre sur Rosneft, dont l’activité de trading se fait à Genève

Les Etats-Unis et l’UE frappent au cœur de la Russie à cause de sa politique en Ukraine. Moscou met en garde contre l’effet boomerang et menace de riposter

L’étau se resserre sur Rosneft, dont l’activité de trading se fait à Genève

Sanctions Les Etats-Unis et l’UE sanctionnent à nouveau la Russie

La dégradation de la crise ukrainienne rend le bras de fer économique de plus en plus aigu

Motus et bouche cousue chez Rosneft Trading SA, place du Lac à Genève. Le géant pétrolier russe, maison mère de la firme de négoce basée en Suisse, fait depuis hier l’objet de sanctions lui interdisant l’accès au marché des capitaux américains. Celles-ci font suite aux sanctions (interdiction de visa et gel des avoirs) prises le 28 avril dernier par Washington contre Igor Setchine, le patron de Rosneft. Le conglomérat étatique a installé sa filiale à Genève en janvier 2013, rejoignant d’autres acteurs russes dont Lukoil et TNK-BP. Barack Obama et Vladimir Poutine ont discuté des sanctions jeudi.

Initialement, les analystes, à Genève comme à Moscou, affirmaient que les activités de la multinationale Rosneft n’étaient pas visées. La décision annoncée mercredi pourrait donc changer la donne même si, à ce stade, les sanctions ne visent pas l’achat et la vente du pétrole. Une chose est certaine: l’étau se resserre autour de l’énorme entreprise d’Etat. Igor Setchine est connu comme étant un proche du Kremlin.

Le nouveau round de sanctions annoncé mercredi à Washington vise également la banque du géant gazier russe Gazprom, Gazprombank, et la banque publique russe VEB. «En imposant des sanctions à des entités du secteur financier et énergétique, nous avons augmenté les coûts de l’isolement économique de la Russie», assure le Trésor américain. Des groupes militaro-industriels russes dont le consortium Almaz-Antey, l’usine Ouralvagonzavod ainsi que l’entreprise de haute technologie Rostec sont aussi dans le collimateur.

L’Union européenne (UE) vient également de changer de stratégie face à la Russie. Réunis mercredi à Bruxelles, les dirigeants européens ont constaté que Moscou continuait à participer à la déstabilisation de l’Ukraine. Ils ont dès lors décidé de durcir leur propre train de sanctions. Plus question de procéder par phases. Les vingt-huit appliquent désormais une large palette de mesures pour frapper des individus ainsi que des «entités» russes qui soutiennent «matériellement ou financièrement les actions menaçant ou sapant la souveraineté de l’Ukraine ou qui participent à l’annexion illégale de la Crimée». Une première liste de cibles sera publiée d’ici à la fin juillet. Septante personnalités proches de Moscou font déjà l’objet d’interdictions de visa et de gel des avoirs.

L’UE a ordonné hier le gel de toute nouvelle opération financée par la Banque européenne d’investissement, et se prononce pour une suspension similaire des projets financés en Russie par la Banque de reconstruction et de développement (BERD), basée à Londres. La coopération UE-Russie sera «réévaluée». Bruxelles compte enfin demander aux institutions financières internationales de s’abstenir de financer une quelconque opération en Crimée.

Moscou «se réserve le droit de riposter et ne tolérera aucun chantage», a riposté hier le Ministère russe des affaires étrangères. En voyage en Amérique du Sud, le président Vladimir Poutine a estimé, lui, que les sanctions auraient un effet boomerang sur les entreprises américaines qui font des affaires en Russie.

«Nous avons augmenté les coûtsde l’isolement économiquede la Russie»

Publicité