Livre

L’éthique est un facteur de réussite sur le marché

Un ouvrage original, qui n’oppose pas économie de marché et morale, raconte le succès entrepreneurial de dix entreprises suisses, à l’image des brosses à dents Trisa. Il l’accompagne d’interviews d’un pasteur, d’un essayiste libéral et d’un pionnier de l’économie durable

L’économie de marché n’est pas un adversaire de la morale, ainsi qu’en témoigne un nouvel ouvrage présentant 10 entreprises durables (Ethisch. Nachhaltig. Erfolgreich., de Bernhard Ruetz, Ars Biographica, 2018). «L’éthique est la seule approche conduisant au succès économique», déclare Ernst Brugger, un pionnier de l’économie durable, dans le cadre original du Zoo de Zurich, jeudi soir, lors du vernissage. Il ajoute que «les entreprises durables réussissent parce qu’elles ont les meilleurs employés, les clients les plus fidèles et la meilleure image».

L’originalité du livre de Bernhard Ruetz, directeur des publications Ars Biographica, réside dans la combinaison entre des interviews sur les fondements de l’économie durable et les dix portraits d’entreprises responsables.

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Les interviews sont celles d’Ernst Brugger, administrateur de nombreuses sociétés, de Robert Nef, l’un des esprits libéraux les plus réputés du pays, et du pasteur Marcel Köppli.

Ancien directeur de l’Institut libéral, Robert Nef avance que le comportement d’une entreprise ne se distingue pas fondamentalement de celui de l’individu. «Dans les deux cas, l’objectif doit être de ne pas vivre aux frais des autres et surtout de ne pas leur causer de dommage», relève-t-il. Nul besoin de l’Etat pour encourager un comportement durable, à son avis. «Le marché pénalise tôt ou tard un comportement non éthique», déclare-t-il.

Les dix entreprises durables

Les entreprises sélectionnées sont les suivantes: Invethos, un gérant de fortune bernois, s’est spécialisé dans la gestion de fortune cherchant une plus-value éthique. C’est par exemple le premier émetteur d’obligations liées à l’intégration des immigrés sur le marché du travail en Suisse.

– Trisa, producteur lucernois de brosses à dents créé il y a cent trente ans, exporte ses produits dans 80 pays. Depuis 1972, il développe une culture d’entreprise basée sur le partenariat avec les employés. Ces derniers participent tous directement aux décisions et aux résultats du groupe.

– Le Zoo de Zurich est un leader dans la protection des espèces et de la nature, mais c’est aussi une entreprise performante et innovante, déclare Alex Rübel, son directeur.

– Bioforce, créée il y a soixante ans, est spécialisée dans la médecine naturelle, basée sur les plantes, et rencontre un vif succès sur un marché très concurrentiel.

– Precious Woods est un groupe de l’industrie forestière, présent au Gabon et au Brésil, qui ne coupe qu’un à trois arbres par hectare et garantit ainsi la biodiversité et la survie des forêts tropicales.

– Swiss Re est sélectionnée en raison de la qualité de son estimation et de sa gestion des risques environnementaux.

– BlueOrchard est un leader de l’investissement produisant un impact positif sur les pays pauvres. Cette méthode utilise les mécanismes de l’économie de marché pour réduire la pauvreté. Pour Patrick Scheurle, son directeur, «les personnes apprécient l’argent qu’ils reçoivent pour entreprendre, mais plus encore le respect qu’ils obtiennent».

– Pestalozzi, une entreprise familiale active dans la métallurgie, a été créée il y a plus de deux cent cinquante ans et défend une approche sociale à l’égard de ses employés. Vetropack est un pionnier du recyclage du verre. Enfin, SV Group est leader de la restauration d’entreprises basée sur l’efficience et une alimentation saine.

Le livre de Bernhard Ruetz, à l’inverse de tant d’autres, prouve que de nombreuses entreprises suisses mettent l’éthique au cœur de l’action sans y être contraintes.

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