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Lettre ouverte à Emmanuel Macron

Trois mois, Monsieur le Président, pour rompre avec Lénine et ses héritiers et réussir, car après, il sera trop tard

Tous nos compliments, Monsieur le Président! Vous voici élu à la tête d’un pays en faillite, comme le disait justement votre rival François Fillon, d’un pays que 30 ans de socialisme ont désertifié sur le plan industriel, avec le chômage de masse qui l’accompagne.

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Une personne avec qui je m’entretenais récemment m’affirmait que sa sœur, chercheuse titulaire d’un doctorat, avait eu la bonne idée et la presque obligation de s’expatrier à Seattle aux Etats-Unis puisque les chercheurs bénéficient là-bas de budgets conséquents et font fortune, alors qu’en France sa rémunération serait restée dérisoire. «La France ne fait plus rêver», me disait-elle, et c’est peut-être à ce point crucial que vous allez devoir vous atteler: réenchanter la France!

Un plan économique libéral, tout de suite

Si vous voulez réussir, si vous voulez éviter que Marion Maréchal-Le Pen, qui s’y prépare déjà, soit le prochain Président de la République, vous devez mettre en place dans les trois mois un plan économique libéral prévoyant une baisse massive des charges et des impôts, notamment celles des entreprises, et une simplification des démarches de licenciement, entre autres pour les entreprises en difficulté. A défaut, celles-ci n’embaucheront pas, ne se développeront pas et vous aurez échoué. Vous avez cent jours pour réussir et changer les lois et mentalités qui paralysent la France depuis trois décennies. Si vous tardez, les vieux réflexes protectionnistes de castes vont reprendre le dessus et votre belle échappée aura été inutile. Les intérêts sectoriels et de classe scléroseront définitivement la société française et votre pays poursuivra son déclin qui n’est pourtant pas inexorable. Les cerveaux fuiront en masse et les entrepreneurs iront créer de la richesse sous des cieux plus cléments. Votre tâche est titanesque, mais vous l’avez voulue! Votre parcours jusqu’à la charge suprême, témoin de votre habileté et de vos intuitions, montre que vous êtes capable de réussir cette mission!

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Peu importe ce qu’en pensent l’extrême gauche et les communistes car ne pas plaire à ces gens-là, qui s’avèrent souvent être des frustrés qui reportent sur les autres et la société leur propre échec personnel, c’est être sur la bonne voie. Je les entends d’ici: «Emmanuel Macron a été élu pour faire réussir le pays, pas pour casser les droits acquis des salariés.» Ils ne comprendront jamais que ces «droits acquis» paralysent l’ensemble de l’économie, et donc leurs futurs débouchés et ceux de leurs enfants. Que dire de plus à ceux qui préfèrent conserver leurs œillères?…

D’ailleurs, au risque d’être cynique, je considère que certains grands philosophes ont raison d’affirmer qu’aucun homme ne dira jamais: «J’aimerais être un chef d’entreprise brillant, gagnant beaucoup d’argent et roulant en Ferrari… mais je sais que j’en suis incapable.»

Non. Celui-là vous dira qu’il est gauchiste, au nom de la morale et de la répartition. Bien entendu. Et si demain le même devait hériter de beaucoup d’argent, il y a fort à parier qu’il passerait immédiatement à la «gauche caviar»!

Face à eux, vous n’aurez pas le choix, car un certain nombre va essayer de bloquer le pays, ce d’autant que Jean-Luc Mélenchon a réalisé un score plus que convenable à l’élection présidentielle, conférant un statut à ce nouveau Staline.

La France face à la mondialisation

La démocratie et la légalité devront toujours être préservées. Aussi, si le fait qu’ils publient leurs journaux, distribuent des tracts et critiquent ouvertement votre gouvernement lors d’interviews journalistiques ne pose aucun problème, s’ils essaient de bloquer le pays en recourant à des moyens illégaux, vous devrez vous montrer intolérant, employer la force, ordonner des arrestations et les faire traduire en justice si nécessaire. Si vous ne le faites pas, vous échouerez, et vous serez baladé comme votre prédécesseur toute la durée de votre quinquennat, car on ne construit rien sur la faiblesse. Quatre siècles auparavant, Blaise Pascal assurait déjà que «la justice sans la force n’est rien».

La France doit devenir pleinement compétitive dans la mondialisation, avec une fiscalité faible et une souplesse législative qui la rendra très attractive pour les entreprises et les capitaux du monde entier, ou vous échouerez.

En fait, à bien y réfléchir, vous n’avez que trois mois pour rompre avec le marxisme à l’instar de nombreux pays, même sociaux-démocrates, lesquels connaissent aujourd’hui le plein-emploi ou s’en approchent fortement. L’Allemagne, l’Angleterre, les Pays-Bas, la Suisse ont su créer les conditions pour que s’épanouissent le libéralisme et l’esprit d’entreprise. Pourquoi la France n’y parviendrait-elle pas? Elle est riche en talents prometteurs, ses hautes écoles sont mondialement reconnues, son histoire séculaire et sa culture ont marqué notre monde d’une empreinte indélébile et continuent à l’influencer.

Trois mois, Monsieur le Président, pour rompre avec Lénine et ses héritiers et réussir, car après, il sera trop tard.

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