Banques

L’étude sur les banquiers «malhonnêtes» fait des remous

L’Association suisse des banquiers défend à son tour le secteur suite à une étude publiée dans la revue «Nature»montrant que des comportements malhonnêtes sont tolérés dans le secteur

Et si, plutôt que des «employés malhonnêtes», il ne s’agissait pas de chercheurs qui manquent de sérieux?, se demande l’Association des banquiers (ASB). Dans un texte publié sur le site du lobby du secteur, Thomas Sutter, responsable de la communication, réagit à l’étude publiée la semaine dernière dans Nature par une équipe de chercheurs de l’Institut d’économie politique de l’Université de Zurich, montrant que des comportements malhonnêtes sont tolérés dans le secteur.

«Peu sérieux, populiste et alors?» s’est dit Thomas Sutter, à la lecture de l’étude. En tant qu’employé du lobby, il se dit «habitué» à ce qu’on considère les banquiers comme plus malhonnêtes que d’autres professions. Selon lui, cette étude n’ajoute rien, d’autant qu’il juge que l’échantillon n’est pas forcément représentatif. Or, se demande-t-il, «peut-on vraiment clouer au pilori toute une profession à partir d’une simple étude de laboratoire?»

Il reproche aux chercheurs de ne s’être pas attardés sur l’évolution des comportements: «Ces dernières années, une réorientation s’est opérée dans le secteur», estime-t-il, citant le développement de la compliance, de la formation et d’une culture d’entreprise moderne. Il reconnaît que les scandales de manipulation des taux Libor et des devises ont montré que les «banquiers ne sont pas parfaits». Mais il serait plus intéressant, pour lui, d’étudier si les mécanismes de contrôles, qui ont été développés de manière «massive» ces dernières années, fonctionnent.

L’Association suisse des employés de banques (ASEB) s’était déjà dite «consternée» par cette même étude la semaine dernière. Le syndicat du secteur, avait soutenu que «l’écrasante majorité des employés de banque sont honnêtes et s’engagent totalement pour offrir à leurs clients des services de qualité répondant à leurs attentes». En outre, pour l’ASEB, «l’étude reflète surtout la culture bancaire anglo-saxonne prévalant à l’étranger». Dans cette étude, 128 employés de banque ont répondu de manière anonyme sans qu’il soit possible d’identifier leur lieu de travail.

Dans la SonntagsZeitung, le professeur Beat Bernet a également réagi, soulignant qu’il n’existe pas de «culture bancaire» unique. L’expert de l’Université de Saint-Gall estime qu’il existe d’importantes différences, qu’il s’agisse d’une grande banque ou d’un établissement de type Raiffeisen ou cantonal.

Pour lui, l’étude porte surtout sur des grandes institutions, alors qu’en Suisse, les petites dominent largement le paysage. Il ajoute que la grande majorité des employés des grandes banques se comporte bien, mais qu’il s’agit «du système de valeur de quelques domaines spécifiques de la finance qui corrompt les employés».

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