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Le secteur pharmaceutique est traditionnellement la locomotive des exportations. De l’affaiblissement du franc face à l’euro et au dollar, les produits suisses n’ont jamais été aussi demandés depuis dix ans, selon Credit Suisse.
© SANDRO CAMPARDO

Conjoncture

L'euro à 1,10 franc gonfle les exportations suisses

Les produits suisses n’avaient pas été aussi demandés depuis dix ans, selon Credit Suisse. L’affaiblissement du franc face à l’euro et au dollar devrait se poursuivre, mais les entreprises craignent déjà les conséquences du Brexit

Quand l’Europe va bien, ce sont les exportations suisses qui en profitent. La demande étrangère pour des produits helvétiques n’a pas été aussi forte depuis dix ans, selon le baromètre des exportations de Credit Suisse, publié mardi conjointement avec l’organisme de promotion des exportations Switzerland Global Enterprise (S-GE).

Démarré au printemps, autour de la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle française, le renforcement progressif de l’euro y est pour quelque chose. Le cours de la monnaie unique a désormais dépassé la barre symbolique des 1,10 franc. Et il pourrait se renchérir davantage si la Banque centrale européenne mettait en place une politique monétaire moins accommodante.

Effort sur les marges

Du côté de S-GE, on rappelle toutefois que les entreprises suisses ont fait de gros efforts pour réduire leurs coûts et rester compétitives après l’abolition du taux plancher en janvier 2015. «Le cours actuel continue à maintenir une forte pression sur les marges des exportateurs, explique son consultant Alberto Silini. Mais le moral s’améliore petit à petit.» Selon le sondage S-GE, qui agrège ventes réalisées et attentes des PME, les attentes des entreprises à l’exportation ont progressé de trois points, à 67,1 points, au troisième trimestre de l’année. Un taux «nettement au-dessus du seuil de croissance de 50 points», selon ses auteurs.

Lire aussi «L’euro se reprend face au franc»

Sascha Juncker, économiste chez Credit Suisse et coauteur de l’étude, rappelle que les PME ont mis plus de temps à s’adapter au franc fort que les grandes entreprises: «Le panorama est à présent globalement positif. La reprise est mieux répartie, et plus uniquement tirée par les exportations du secteur chimique et pharma.» A ce titre, l’analyste souligne le rebond des secteurs manufacturier et des machines-outils.

La locomotive allemande

La force de la monnaie unique n’est pas seule en cause. Les auteurs de l’étude mettent en avant la reprise de la croissance dans la zone euro. La locomotive allemande (18,8% des exportations suisses) est repartie à plein régime, avec une hausse de la consommation privée et de l’activité industrielle. Selon le sondage de S-GE, 73% des PME suisses comptent vendre des biens et services sur ce marché.

Les perspectives aux Etats-Unis se sont également améliorées, notamment en raison du renchérissement de 5,5% du dollar par rapport au franc depuis le début de l’année. A ce titre, 24% des entreprises sondées par S-GE souhaiteraient que Berne et Washington signent un accord de libre-échange afin de faciliter le commerce entre les deux pays.

Anticiper le Brexit

Elles sont un peu plus nombreuses (26%) à souhaiter l’élaboration d’un accord de libre-échange avec le Royaume-Uni, cinquième partenaire commercial de la Suisse (5,4% des exportations). Les entreprises suisses anticipent ainsi l’imbroglio juridico-administratif lié au Brexit. Parmi les secteurs les plus concernés par le sort britannique: les sciences de la vie, les technologies de précision, les assureurs ou l’industrie alimentaire premium.

L’organisation de promotion des exportations encourage par ailleurs les exportateurs à diversifier leurs débouchés hors de l’Union européenne (qui représente plus de la moitié des exportations suisses) pour se «préparer à l’avenir» et à s’intéresser davantage aux accords de libre-échange existants. Pour l’instant, un peu moins de la moitié des entreprises affirment les utiliser.

La Suisse dispose à ce jour de 28 accords douaniers avec 38 pays hors Union européenne ou AELE, l’Association européenne de libre-échange. Ce réseau commercial représente 20% des exportations helvétiques. «Les accords de libre-échange nous offrent, comme pour la Chine, un avantage sur les entreprises issues de pays qui n’en possèdent pas, souligne Alberto Silini. Cela facilite l’internationalisation des PME et permet de sauvegarder des emplois en Suisse.»

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