Les responsables politiques et économiques réunis à Davos ont reconnu que la stabilité des taux de change était souhaitable. Ils sont toutefois restés divisés sur le régime qui permettrait de limiter les fluctuations entre le dollar, l'euro et le yen. Le débat sur l'instauration de zones cibles entre les principales monnaies, c'est-à-dire de fourchettes de fluctuation des taux de changes, que les banques centrales feraient respecter par des interventions sur les marchés, a été relancé par l'économiste américain Fred Bergsten.

L'euro, selon lui, pourrait être «l'élément déclencheur d'une nouvelle phase de déclin pour le dollar» qui se profile avec l'explosion du déficit des comptes courants américains (300 milliards de dollars cette année, soit 3,5% du PIB). Mais le secrétaire américain au Trésor Robert Rubin s'est prononcé contre les zones cibles. Le président de la Banque centrale européenne Wim Duisenberg a de son côté réitéré que l'objectif premier de la politique monétaire était «d'assurer la stabilité des prix» et non de se fixer des «objectifs de changes»: «Cela ne veut pas dire que la parité euro-dollar sera négligée» ou que la BCE s'oppose «à des taux de change raisonnablement stables». LT/ATS