Il y a quatre semaines, la vente massive d’euros contre des dollars (EUR/USD) a entamé une pause estivale. Fin juillet, après avoir atteint son niveau le plus bas – juste en dessous de 1,205 – la paire de devises s’est rapidement stabilisée. Elle est remontée à plus de 1,26 vendredi après les déclarations de Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), laissant entendre qu’un troisième assouplissement quantitatif (QE3) serait possible, lors de son discours à Jackson Hole.

Début août, la Banque centrale européenne (BCE) a fait suffisamment de bruit pour tenir la crise de la dette à distance pendant quelques semaines de plus, jusqu’à ce que les politiques commencent à prendre des décisions nécessaires en septembre. Malgré tout, cette réunion de la BCE et la conférence de presse n’ont pas apporté de réponses spécifiques et ont surtout servi à gagner encore un peu plus de temps. Associé au positionnement court extrêmement spéculatif sur l’euro, l’EUR/USD a pu s’établir à un niveau plus élevé pendant une période.

Jusqu’à présent, la BCE a accompli sa mission. En raison du retour de vacances, mais aussi des événements importants qui se profilent, les deux prochaines semaines seront essentielles pour fixer la direction des marchés monétaires, en particulier le centre de gravité de l’EUR/USD. Des événements clefs sont attendus cette semaine déjà: jeudi, la BCE tiendra une nouvelle réunion, et Mario Draghi devra être plus précis que lors de sa dernière allocution, afin de savoir si l’euro doit trouver de nouvelles raisons de couvrir des positions courtes, ou d’ajouter des positions longues.

Mais quelle est la marge de manœuvre de Mario Draghi, sachant que des décisions politiques importantes sont attendues, en particulier la décision de la Cour constitutionnelle allemande sur la participation de l’Allemagne au Mécanisme européen de stabilité (MES) mardi prochain? La tâche la plus importante de Mario Draghi sera de répondre de façon crédible aux questions sur la manière dont la BCE contrôle les rendements obligataires et gère la fuite continue de capitaux des pays européens périphériques. Les derniers chiffres ont montré que 74 milliards d’euros avaient quitté l’Espagne, rien qu’en juillet.

Cette semaine, nous allons aussi recevoir une série importante de données américaines qui vont limiter la probabilité d’une action de la Fed lors de la réunion de mercredi prochain. Ces grands rendez-vous en Europe et aux Etats-Unis ne réussiront, à mon avis, pas à inspirer la confiance nécessaire pour renforcer davantage l’euro. D’ailleurs, les effets salutaires du QE3 de la Fed sont plus prononcés dans l’anticipation que dans la réalité. L’EUR/USD pourrait ainsi plafonner dans la zone 1,275-1,28 en septembre et s’approchera de 1,20, voire moins d’ici à la fin de l’année.

* Stratège et consultant en devises, Saxo Bank