Bourse

L’euro au plus bas depuis vingt mois, après la démission de Matteo Renzi

Lundi, la monnaie unique a décroché, touchant 1,0506 dollar, contre 1,0664 vendredi à New York. Les bourses asiatiques ont fléchi après le rejet du référendum

L’euro est tombé au plus bas depuis vingt mois lundi après la victoire massive du non au référendum italien suivie de la démission de Matteo Renzi, et les marchés boursiers fléchissaient en Asie sur fond d’inquiétudes pour la troisième économie de la zone euro.

Dès la diffusion des sondages réalisés à la sortie des urnes, donnant le non à près de 60% des voix, la monnaie unique a décroché, touchant 1,0506 dollar autour de 8h20 (dimanche 23h20 GMT), contre 1,0664 vendredi à New York. Il s’agit du niveau le plus faible depuis mars 2015: l’euro était alors tombé à 1,0458 dollar.

L’euro résistait cependant par la suite, oscillant autour de 1,0545 dollar vers 03h30 GMT, signe que pour l’heure les cambistes ne cédaient pas à l’affolement. «Si le référendum est rejeté, ce ne sera pas la fin du monde», avait commenté Fabio Fois, économiste chez Barclays dont le siège est à Londres, interrogé avant le vote par l’agence Bloomberg News.

Dans le même temps, le yen, valeur refuge, se renforçait. Le dollar glissait à 112,88 yens aux premières heures de la matinée à Tokyo, contre 113,51 yens vendredi, avant de remonter. A l’unisson, la bourse de Tokyo se repliait (-0,64% à la pause déjeuner pour l’indice vedette Nikkei). Ailleurs dans la région, Hongkong (-0,20%), Séoul (-0,20%) et Sydney (-0,94%) évoluaient aussi dans le rouge.

Une période d’incertitudes pour l’économie italienne

Les Italiens ont massivement rejeté dimanche la réforme constitutionnelle qui prévoyait essentiellement de réduire les pouvoirs du Sénat, doté actuellement des mêmes pouvoirs que la Chambre des députés, ainsi que de limiter les attributions des régions et de supprimer les 110 provinces.

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Matteo Renzi, 41 ans, arrivé au pouvoir en février 2014 sur un programme de réformes, a aussitôt pris la parole et annoncé sa démission, assumant les conséquences d’un référendum sur lequel il s’était totalement engagé. Le Mouvement Cinq Etoiles (M5S), populiste et antisystème, ambitionne désormais ouvertement de prendre le pouvoir.

Cette décision ouvre une période d’incertitude pour l’économie italienne qui reste à la traîne en Europe, avec un secteur bancaire éreinté par la crise financière et criblé de créances douteuses. Des craintes de faillite ressurgissent régulièrement.

«Le premier ministre Renzi était clairement un dirigeant réformiste, sa défaite face aux forces populistes est source d’inquiétudes pour l’ensemble de l’Europe», a estimé auprès de l’AFP Yunosuke Ikeda, chargé des changes chez Nomura Securities.

L’euro sous pression en vue des futures élections

En outre, les marchés ont pu être soulagés par l’échec de l’extrême droite autrichienne qui a perdu dimanche son pari de décrocher la présidence de la République sur fond de poussée populiste en Europe. Son candidat Norbert Hofer a essuyé, selon les projections, une nette défaite face à l’écologiste Alexander Van der Bellen.

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Si l’impact restait limité en Asie, la réaction des places financières européennes, en particulier du marché obligataire italien, sera suivie avec attention.

La Banque centrale européenne (BCE), qui tient jeudi sa dernière réunion de politique monétaire de l’année, pourrait accélérer ses achats d’actifs en cas de besoin pour calmer les marchés.

A plus long terme, «la perspective d’élections aux Pays-Bas, en France, en Allemagne et en Italie va maintenir l’euro sous pression. Il pourrait reculer à 1,02 dollar en janvier-mars», pronostique Daisuke Karakama, économiste en chef chez Mizuho Bank, cité par Bloomberg, d’autres prédisant même la parité, un seuil inédit depuis 2002.

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