Vers 8h00, heure suisse, l’euro valait 1,3337 dollar, contre 1,3277 dollar jeudi soir vers 22h GMT. L’euro remontait également face au yen à 123,36 yens contre 123,04 yens la veille.

Le dollar cédait par contre du terrain face à la monnaie nippone à 92,49 yens contre 92,67 jeudi soir. Face au yen, le billet vert est toujours soumis à une pression à la baisse, les entreprises exportatrices nippones rapatriant leurs bénéfices et vendant donc leurs dollars avant la clôture de l’exercice fiscal 2009-2010 le 31 mars.

«L’euro se reprend (face au dollar) car les investisseurs commencent à réaliser réellement que les pays membres de l’UE se sont mis d’accord sur un plan d’aide à la Grèce», expliquait Marito Ueda, courtier à FX Prime, à l’agence d’informations financières Dow Jones Newswires.

La douche froide de la BCE

L’optimisme des cambistes après l’accord sur la Grèce a cependant été tempéré par les propos de Jean-Claude Trichet, le patron de la Banque centrale européenne, selon qui l’intervention du Fonds monétaire international au chevet d’Athènes est «très, très mauvaise», a précisé de son côté une note de Barclays Capital à ses clients. Des propos qu’il a ensuite relativisés, affirmant avoir été mal compris.

La tendance sous-jacente reste à un affaiblissement de l’euro «car l’aide à la Grèce alimente les spéculations selon lesquelles la discipline budgétaire au sein de la zone euro pourrait être relâchée, ou selon lesquelles la discipline budgétaire nécessiterait un assouplissement de la politique monétaire», ajoute cette note.

La monnaie européenne avait connu une journée très volatile jeudi, entamée par un plongeon sous 1,33 dollar pour la première fois en dix mois. Après un bref rebond, elle avait encore repiqué en fin de journée jusqu’à 1,3269 dollar, son plus bas niveau depuis le 7 mai 2009.

Ce dernier accès de faiblesse avait suivi les commentaires de Jean-Claude Trichet sur l’intervention du FMI au chevet de la Grèce.

«Le fait que la Grèce devra emprunter de l’argent uniquement au taux du marché, les craintes persistantes quant aux problèmes budgétaires d’autres pays de l’UE et la douche froide qu’a administrée le président de la BCE […] maintiennent l’euro sous pression», insiste dans un rapport Mitul Kotecha, analyste au Crédit Agricole CIB.

«Même si Trichet a modéré ses propos plus tard, le mal était fait et tout soulagement de l’euro face au dollar fera long feu», a-t-il ajouté, prédisant une chute de la monnaie européenne jusqu’à 1,3213 dollar.

Vers 7h GMT, la livre britannique reculait face à l’euro à 89,70 pence pour un euro, et progressait face au dollar à 1,4869 dollar.

La monnaie helvétique reculait face à l’euro à 1,4299 franc suisse pour un euro, et progressait face au dollar à 1,0721 franc suisse pour un dollar.