L’euro a débuté la semaine au même endroit où il avait terminé la dernière. Il vaut 1,05 franc suisse. Un niveau qu’il n’a pas quitté, si ce n’est que très brièvement, depuis le 1er février.

Depuis le début du mois, le marché des changes semble avoir intégré une nouvelle donne. Ils sont de plus en plus nombreux, les analystes, à considérer que la BNS défend un plancher mobile, situé entre 1,05 et 1,10. Interrogé samedi dans l’émission Samstagsrundschau, de la télévision alémanique SRF, son président Thomas Jordan n’a rien confirmé. Mais les nouvelles statistiques de l’institution laissent à penser que cette rumeur trouve des adhérents.

Car l’euro tient. Et ce, sans même que la BNS n’ait eu à intervenir ces derniers jours sur le marché des changes, ont estimé lundi les analystes de Credit Suisse dans une note relayée par l’agence AWP. Sa dernière intervention remonterait au 29 janvier.

Les chiffres publiés lundi indiquent que les avoirs à vue en francs détenus par l’institut d’émission sont restés stables, à 443 milliards de francs, la semaine dernière, après avoir fortement augmenté, en décembre et en janvier. Il faut dire que le 15 du mois dernier, lorsque le BNS abandonnait le taux plancher, l’euro avait plongé jusqu’à 0,84 franc.

Selon Credit Suisse, «la BNS semble être à l’aise avec un taux de change au-dessus de la parité, dans un contexte de renforcement du dollar». Si la situation reste stable, la BNS devrait ne pas intervenir sur le marché du change.

Moins d’Apple et d’Exxon

Par ailleurs, l’on apprenait également lundi que la BNS s’est séparée d’actions de grandes sociétés américaines, au cours du 4e trimestre 2014. L’agence Bloomberg, qui a consulté les relevés de la SEC, l’autorité financière américaine, indique que la BNS, «l’une des banques centrales les plus investies en actions sur la planète», a réduit sa participation dans Apple de 4,7%, dans Exxon de 3,5% et dans Johnson&Johnson de 7,4%.

Ces trois multinationales demeurent toutefois sur le podium de ses investissements les plus importants dans des actions américaines. Mais elles ne sont pas les seules. A fin décembre, la BNS, qui investit en répliquant de grands indices, détenait des titres dans quelque 2500 sociétés cotées outre-Atlantique.