Le ralentissement attendu de l'économie européenne ne se matérialisant pas, les experts revoient leur copie à la hausse: ils envisagent désormais un cru 2007 presque aussi bon que le précédent (2,8%). En début d'année, Les économistes du secteur privé pronostiquaient une croissance annuelle de 2,1% pour les treize pays de la zone euro en 2007. Fin avril, leur projection s'était nettement améliorée à 2,5%, d'après le dernier sondage de la Banque centrale européenne (BCE). C'était avant la publication de la statistique du produit intérieur brut (PIB) du premier trimestre. Et avant l'élection présidentielle française.

L'Europe des Treize, tout comme celle des Vingt-Sept, a connu une expansion meilleure que prévue, de 0,6% au premier trimestre (2,6% en rythme annuel), a annoncé mardi Eurostat. Cet indicateur a confirmé que le Vieux Continent ne souffre toujours pas de l'appréciation de l'euro, ni de l'essoufflement des Etats-Unis, l'un de ses principaux marchés d'exportation.

L'Allemagne en forme

Durant les trois premiers mois de l'année en cours, la consommation en Allemagne a bien résisté à la hausse de deux points de la TVA introduite début janvier. En revanche, la France a déçu. L'expansion y a été de 0,5% (2,1% en rythme annuel) alors que les économistes tablaient sur 0,7%. En outre, la statistique du trimestre précédent a été révisée à la baisse de 0,7% à 0,5%.

Malgré ces signaux négatifs, Goldman Sachs a relevé ses attentes. En effet, la banque américaine table sur un effet Sarkozy pour accélérer la croissance à plus de 2,7% au cours des prochains trimestres en rythme annuel et à 2,6% pour l'ensemble de 2008. Du coup, l'institution de Wall Street a porté à 2,8% sa prévision de croissance dans l'ensemble de la zone euro en 2007, autant que l'année dernière.

Ses économistes escomptent une relance de la demande française dès la fin de l'été grâce aux ristournes fiscales promises lors de la campagne électorale. Par ailleurs, ils estiment que les déductions prévues sur les intérêts hypothécaires retarderont la «baisse de régime du secteur immobilier qui était en train de prendre forme». Cependant, le plan d'action du nouveau président risque de mettre un terme à la réduction des déficits publics et d'alourdir la dette publique, prévient Goldman Sachs.

Par ailleurs, la banque estime que les réformes structurelles entreprises dans plusieurs pays ont permis d'élever la croissance que l'Europe peut supporter sans générer d'inflation. Elle serait désormais de 2,25% à 2,5% au lieu de 2% auparavant.