L’activation de l’Article 50 du traité de Lisbonne par le gouvernement britannique le 29 mars dernier a mis fin aux 9 mois d’incertitudes qui ont suivi le référendum sur le Brexit de juin 2016, mais également à plus de 40 ans d’histoire commune entre le Royaume-Uni et l’Europe. Nombre d’incertitudes subsistent néanmoins car, au cours des deux prochaines années, Londres et Bruxelles devront négocier de quelle manière ils interagiront dorénavant.

C’est donc en théorie plusieurs milliers de directives européennes, affectant la quasi-totalité des secteurs économiques qui devront être discutés durant plus de 700 jours. Autant dire que la tâche s’annonce ardue, et ce d’autant plus que les négociateurs semblent peu enclins aux concessions. Ainsi, après une année 2016 marquée par les risques politiques sur les marchés financiers, il semble qu’il faudra encore composer avec ceux-ci en 2017 car, outre la saga du Brexit, d’autres échéances électorales se profilent à l’horizon.

Le retour des fondamentaux

Cependant, les risques politiques ne doivent pas nous faire perdre de vue les fondamentaux économiques qui, ces derniers mois, influencent davantage les marchés financiers. Depuis la seconde partie de 2016, on a en effet observé une amélioration significative de la dynamique économique mondiale, ce qui s’est traduit par une réévaluation des anticipations d’inflation et une remontée des taux obligataires souverains.

En Europe, cette embellie macroéconomique s’est déjà traduite au niveau microéconomique, par deux trimestres consécutifs de croissance bénéficiaire positive et par un regain d’intérêt des investisseurs pour les secteurs cycliques et plus généralement pour les actions «value».

Ces dernières devraient en effet être les principales bénéficiaires du mouvement de reflation observé actuellement puisque les deux poids lourds de l’indice MSCI Europe Value sont le secteur bancaire (36,2%), dont la rentabilité est dopée par la hausse des taux, et le secteur de l’énergie (14,2%), qui devrait bénéficier de la remontée des prix pétroliers.

Confiance dans l’Europe

Certes, les actions value européennes demeurent comme les autres sensibles aux risques politiques mais il est intéressant d’observer qu’elles ont commencé à surperformer par rapport aux actions de croissance depuis l’été dernier, soit juste après le référendum britannique.

De manière générale, les investisseurs semblent convaincus de la capacité de l’Europe à surmonter son instabilité politique puisque les bourses européennes ont enregistré des flux financiers positifs depuis le début de l’année. Nous partageons cette conviction mais nous estimons qu’à ce stade il est préférable de se concentrer sur les actions value qui sont positivement corrélées aux taux d’intérêt et dont les valorisations attractives procurent une meilleure protection face aux éventuels regains de volatilité induits par un contexte politique fragile.