L’Europe ne désespère pas de sauver la Grèce

Dette Les nouvelles propositions de réformes d’Athènes ont reçu un bon accueil

Les dirigeants européens se sont donné encore jusqu’à jeudi ou vendredi pour trouver une issue à la crise grecque. Réunis lundi à Bruxelles, les ministres des Finances de la zone euro ainsi que les chefs d’Etat et de gouvernement ont constaté que tous les éléments n’étaient toujours pas en place. L’enjeu: le déblocage de 7,2 milliards d’euros qui permettrait à Athènes de rembourser sa dette arrivant à maturité en juin.

Personne n’a pourtant parlé d’échec. Athènes a en effet fait part lundi matin de nouvelles propositions d’économie budgétaire comme l’exigeaient les créanciers. «Nous les accueillons avec satisfaction; elles constituent une bonne base pour des discussions en vue d’un accord d’ici à la fin de la semaine», a déclaré Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, à l’issue de la réunion des ministres des Finances.

Dès lors, les trois institutions qui supervisent les programmes d’aide à la Grèce (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Commission européenne) ont pris le relais et pour évaluer la cohérence des propositions. Pour Pierre Moscovici, commissaire chargé des Affaires économiques et monétaires et de la Fiscalité, il s’agissait des premières propositions sérieuses faites par les Grecs depuis plusieurs semaines. Les créanciers souhaitent aussi voir Athènes entamer le travail législatif pour la mise en œuvre des réformes.

Majorité contre le «Grexit»

Avant même d’arriver à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement s’étaient résignés à ne pas avoir d’accord lundi soir. Mais pour le président français François Hollande, «des progrès ont été accomplis ces derniers jours et même ces dernières heures». Il a laissé entendre qu’un compromis était désormais à portée de main.

Une nouvelle réunion de l’Eurogroupe est d’ores et déjà à l’agenda, probablement jeudi. Elle précéderait le sommet européen ordinaire prévu ces jeudi et vendredi. Malgré le manque de résultat, un certain optimisme pour parvenir à un accord avant le 30 juin prochain, date à laquelle le programme d’aide à la Grèce arrive à échéance, était de mise. Les marchés ont réagi positivement aux nouvelles du jour: l’Eurostoxx50 a clôturé sur une hausse de 4,06%, à 3596,07 points.

A Athènes, des milliers de personnes se sont rassemblées lundi soir, appelant Alexis Tsipras à parvenir à un accord. Tous les sondages indiquent qu’une majorité de Grecs ne souhaite pas de «Grexit», c’est-à-dire la sortie de leur pays de la zone euro.